Dans l'actualité internationale, presque personne n'a fait attention au lâchage des Kurdes de Syrie par les Américains et les Européens. Il s'agirait maintenant de soutenir le nouveau pouvoir en place à Damas.
Ce désengagement, tout le monde s'en fiche complètement: l'indignation internationale, elle est vraiment sélective.
Ces Kurdes de Syrie, ils représentent pourtant 3 millions d'individus (sur une population totale d'environ 30 millions dans tout le Proche-Orient répartis, outre la Syrie, entre la Turquie, l'Irak et l'Iran).
J'ai eu la chance de me balader un peu, autrefois, sur leurs territoires et je peux souligner qu'on y découvre des paysages montagneux d'une beauté magique.
On peut ajouter que leur langue est indo-européenne et qu'en matière religieuse, ils sont plutôt tolérants avec une salade d'influences diverses (Yézidisme, Zoroastrime, Alevisme).
Et puis l'actuel mouvement kurde est largement inspiré du marxisme et prône l'égalité hommes-femmes.
Certes les Kurdes ne sont pas eux-mêmes des anges. Ils ont, autrefois, activement participé au massacre des Arméniens avant d'être eux-mêmes persécutés par les Turcs, puis les Iraniens et les Irakiens.
Mais depuis plusieurs décennies, ils réclament une indépendance. Et, ils ont été les seuls à résister, dès l'automne 2014, aux djihadistes de l'Etat Islamique. Ils ont d'abord remporté une grande victoire à Kobané. Ensuite, il y a eu Rakka où les combattants Kurdes ont été les alliés des Occidentaux. Pour combattre Daech au sol, les Kurdes ont sacrifié une dizaine de milliers de soldats.
Et dans la foulée de leurs victoires contre l'Etat Islamique, les Kurdes ont occupé, c'est vrai, un petit territoire, situé au Nord-Est de la Syrie, qu'ils ont dénommé "le Rojava". Ce territoire, ils espéraient y conserver une petite autonomie d'administration.
Mais l'Occident (U.S.A. et Europe) vient de se défausser et d'accepter qu'Al-Charra, le Président syrien rétablisse l'autorité arabe sunnite sur l'ensemble du territoire syrien, y compris, donc, sur le Nord-Est kurde (riche notamment en pétrole). C'est "la fin d'une utopie multiethnique, féministe et laïque".
Et il ne faut pas non plus oublier que les Kurdes détenaient prisonniers de nombreux djihadistes étrangers. Ceux-ci vont pouvoir se disperser dans la nature mais ça ne semble pas être un souci pour les Occidentaux.
Aujourd'hui, on lui prête toutes les qualités à cet Al-Charra. On vante ses capacités d'écoute et de dialogue.
C'est à peine si on mentionne que, sur le terrain, il bombarde consciencieusement les populations kurdes.
Et dans le même temps, à Damas, il ferme l'Institut de musique, le déclarant illicite. Et aussi le Musée d'Art. Les vieux reflexes islamistes n'ont pas disparu et les Kurdes ont bien des soucis à se faire.
Mais ça n'émeut personne et personne ne va manifester pour eux. Ne rien voir, ne rien entendre, c'est la politique de lâchage généralisé, à la Trump, pour se débarrasser provisoirement d'un problème.
C'est le grand vertige du silence. Comment s'en étonner alors que, dans le même temps, la révolte en masse des Iraniens contre la religion, contre l'Islam, contre les mollahs, contre le djihad mondial, ne rencontre, dans le monde occidental, qu'une parfaite indifférence ? Aucune manifestation de masse n'y est enregistrée. On adore Gaza, mais l'Iran, on le considère avec suspicion. A croire qu'il y a une véritable mainmise internationaliste des islamistes sur les esprits.
Images d'artistes kurdes, principalement femmes: Fatos Irven, Poshya Kalil, Seyvan Saedi, Asli Filiz, Helly Luv, Jin Jihan Azadi, Dishan Questani, Iana Fares Jaff, Naz Ali Aula,Quant à la littérature kurde, j'avoue n'avoir rien lu. Je recommande donc le livre d'un Belge né en Iran:
- Philippe Blasband: "La nuit est encore longue". Un livre que j'ai aimé, dans le quel j'ai retrouvé de multiples impressions, sensations personnelles. Poétique et nostalgique.





















































