Me voici de retour d'un petit séjour à l'Est. Mais avec un moral bien bas.
La faute à l'ignominie américaine, celle de Trump en particulier, mais aussi de tous ses supporters, qui vient de lâcher brutalement l'Ukraine en pactisant avec Moscou.
Le basculement politique et culturel est vertigineux. Mais je n'ai pas l'impression que ça émeuve grand monde. Les grandes capitales européennes n'ont guère exprimé d'indignation.
Il est vrai que ce qui vient de passer est tétanisant.
Mais les USA viennent de bazarder toutes leurs valeurs fondatrices en se rangeant clairement du côté des brutes et des exterminateurs.
Ce qui vient de se passer, c'est un peu comme si Churchill avait conclu un accord avec Hitler. Toutes les valeurs éthiques et politiques viennent d'être mises cul par dessus tête.
Et on ne peut même pas se dire qu'il ne s'agit que d'un épisode Trump. Qu'après lui, après sa mise à la retraite, les USA retrouveront le sens de leur Histoire.
Le Mal est beaucoup plus profond et il touche d'ailleurs la plupart des pays d'Europe.
Il y a une lassitude générale : de moins en moins, on aime la démocratie.
Sans doute parce qu'elle nous fait vivre dans une incertitude et un bouleversement continus.
On aimerait bien, quelquefois, s'arrêter un peu , faire une pause, se reposer sur quelques certitudes.
Mais c'est impossible parce que la démocratie est remise en cause perpétuelle.
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Et les despotes ont beau jeu de s'appuyer sur ce sentiment diffus. Leur projet, c'est de figer l'Histoire, de l'ancrer à des certitudes établies une fois pour toutes: la légitimité des riches, des rapports de classes et de sexes.
Mais je ne veux pas m'appesantir. Je risque de devenir, moi-même, sentencieuse et moralisatrice.
Je reviens tout de même d'un petit séjour en Basse-Silésie, Sudètes.

Un petit territoire soumis aux vicissitudes de l'Histoire, tour à tour polonais, allemand, autrichien, tchèque.
On a tendance à penser qu'il n'y a là-bas que d'affreuses villes industrielles avec des mines et de la sidérurgie.
Mais non ! Dans la partie Sud, on trouve de douces montagnes arborées où se nichent stations de cures et châteaux.
C'est même là que des sanatoriums accueillaient, autrefois, les nombreux malades tuberculeux. Un certain Franz Kafka en a, bien sûr, était l'hôte le plus prestigieux.
Et une des curiosités de cette région, c'est qu'elle est largement composée d'Ukrainiens.
Malheureusement, je me sens moi-même moins à l'aise là-bas. Je ne décline surtout pas mon origine parce que l'ambiance a changé.
Mes petites photos silésiennes. Comme toujours, j'en poste trop mais on n'est jamais objectif sur ce que l'on a réalisé et on n'arrive pas à sélectionner.
J'ai pas mal séjourné au Château de la Biche (Zamek Sarny), un lieu vraiment hanté. Et le chat pris en photo, c'était l'un de ceux qui venaient m'embêter le matin au petit-déjeuner.
La grande ville, c'est Wroclaw (ancienne Breslau allemande).
Je recommande :
- "Le banquet des Empouses" de la Prix Nobel de littérature Olga Tokarczuk qui vit, justement dans cette région de la Basse-Silésie. Ce bouquin est inspiré par "La montagne magique" de Thomas Mann. Il a pour cadre la petite ville de Sokolowsko.
- "Le Tsar en personne" de Roman Badanine et Mikhaïl Roubine. Un livre exceptionnel et essentiel sur Vladimir Poutine. Fruit de 20 ans de journalisme d'investigation. Il corrige, en particulier, l'image totalement fausse de Poutine diffusée par Giovanni da Empoli dans "Le mage du Kremlin". Aucun messianisme ne meut Poutine. Il n'est qu'un truand ordinaire dont la seule idéologie est de vivre dans le luxe et de régner jusqu'à la mort.



































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