S'il est un thème que j'aborde, rarement, avec des Français, c'est bien celui de la politique. D'abord, je n'y comprends rien et puis c'est trop dangereux, on peut se brouiller tout de suite. J'ai l'impression de n'avoir affaire qu'à des idéologues, des dinosaures populo-marxistes. La rancœur, la jalousie, le ressentiment, c'est exacerbé, en France, et ça me terrifie.
C'est bizarre, on est néo-marxistes en France. D'ailleurs, on a longtemps dit que la France était une U.R.S.S. qui avait, plutôt, réussi. Il suffit de consulter les rayons économie des librairies françaises: 95 % des bouquins sont consacrés à la dénonciation virulente du capitalisme et de la finance. Ce qui se vend en ce moment, ce sont les stars de "Nuit Debout": Yannis Varoufakis ("Et les faibles subissent ce qu'ils doivent ? "Y-a pas un problème de syntaxe dans ce titre bizarre ?), Frédéric Lordon ("Capitalisme, désir et servitude"), Thomas Piketty ("Le Capital au 21 ème siècle"), "Les économistes atterrés". J'ai fait l'effort de parcourir tout ça mais ça m'a fait rigoler ou débecquetée.
On annonce la fin inéluctable du capitalisme parce qu'il condamnerait les populations à la misère. Le nouveau Pape en a même fait son fond de commerce. Quelle horreur, en effet, le capitalisme ! Personne n'ose rappeler que, depuis 30 ans, la pauvreté a considérablement régressé dans le monde. Il suffit de voyager un peu pour s'en rendre compte. C'est manifeste en Asie, en Amérique Latine, en Afrique. Pour ne parler que de ce que je connais, je puis affirmer que les Polonais, les Russes et même les Ukrainiens ont, aujourd'hui, un niveau et une qualité de vie sans commune mesure avec le Paradis Socialiste.
On éructe contre "la Finance" (c'est le Mal absolu, même si c'est une entité nébuleuse).Pourtant, aujourd'hui, l'argent est quasiment gratuit et on peut emprunter à zéro ou presque: on se croirait dans un pays islamique ou au Moyen-Age quand le prêt à intérêt était proscrit. En plus, le système bancaire est au bord de l'implosion mais il est sommé de financer, aveuglément, notre niveau de vie.
On dénonce les inégalités mais il y a, aujourd'hui, un accès quasiment généralisé à la santé, à l'éducation, à la communication, aux voyages, aux loisirs. Je peux, aujourd'hui, partir pour 100 €, voire moins, à Budapest et je peux échanger, quasi gratuitement, avec tous mes copains dans le monde entier.
On affirme qu'en Europe, les gouvernements conduisent des politiques économiques libérales et même ultra-libérales alors que les dépenses publiques représentent souvent plus de la moitié de la richesse nationale. La France m'apparaît, au contraire, un pays corseté, bridé, ultra-compliqué, vivant sous le poids d'une bureaucratie kafkaïenne, incompréhensible.
Les "Nuits Debout", ça n'est donc pas, de prime abord, ma tasse de thé. Pour moi, ce n'est pas un mouvement révolutionnaire, c'est la simple convivialité beauf et réactionnaire. Des gens pleins de haine, de ressentiment. L'alter-mondialisme, autrefois, je pouvais comprendre ça. L'anti-mondialisme des "Nuits Debout", je déteste.C'est le repli égoïste sur soi, le refus que les choses changent.
Mais je ne crois pas être quelqu'un de droite. Libérale, c'est ce que je suis même si c'est un qualificatif infamant en France. Macron, par exemple, j'aime bien. Mais je comprends aussi la révolte en cours, ce sentiment que le système est bloqué, que rien ne changera jamais parce qu'il y a une conspiration générale pour maintenir en place les petits privilèges.
Tableaux représentatifs du mouvement de "la figuration narrative" : Jacques MONORY (1924), Yvan MESSAC (1948), ERRO (1932), Valerio ADAMI (1935), Gérard FROMANGER (1939). La figuration narrative, ça a été un mouvement important dans les années 60-70, notamment en France. Je trouve ça très intéressant. Curieusement, c'est beaucoup moins coté, aujourd'hui, que le pop-art américain.
Si vous vous intéressez un peu à l'économie, je vous recommande deux très bons bouquins qui viennent de sortir:
- "Capitalisme, histoire d'une révolution permanente" de Joyce APPLEBY; la puissance révolutionnaire du capitalisme qui remet en cause tous les ordres établis, voilà un aspect trop rarement souligné.
- Jean TIROLE: "Economie du bien commun". Le dernier Prix Nobel d'économie français. Très intelligent, remarquable. Je précise, quand même, que Jean Tirolle est favorable à la Loi El Khomri (1ère version).
Au-delà, voici les économistes que j'aime bien: David Ricardo, Paul Fabra, Jacques Rueff, Maurice Allais, Charles Wyplosz. Beaucoup de Français, en fait, parce qu'il y a d'excellents et véritables économistes français. Curieusement, ils sont peu connus parce qu'on leur préfère les grandes gueules médiatiques.























































