La vengeance, c'est l'un des thèmes privilégiés du cinéma. On peut, tout de suite, citer plein de films: "Django unchained", "La mariée était en noir", "Lady Vengance", "Old boy", "The revenant", "Furie", "Kill Bill" etc... Tous de grands succès d'audience. Un film sur la vengeance, ça marche à tous les coups.
C'est un peu pareil en littérature mais à un moindre degré et puis c'est un cran au-dessus : "Le comte de Monte-Cristo", "Les Hauts de Hurlevent", "Michael Kohlhas", "La cousine Bette", "Colomba", "Les liaisons dangereuses", "Moby Dick".
Ça montre bien que l'une des fonctions de l'Art, c'est d'explorer les soubassements réprimés de la civilisation.
La vengeance s'oppose, en effet, au Droit et à la Justice. Mais le Droit et la Justice, on déteste ça, on vit ça comme une castration, une frustration. Au fond de nous-même, on préfère faire justice soi-même. L'émotion et le Droit, c'est incompatible et presque tout le monde préfère l'émotion au Droit.
A titre personnel, la vengeance, ça m'effraie, c'est quelque chose que je refuse absolument. Même les copines qui m'ont piqué des mecs, je ne leur en veux pas et il ne me viendrait pas à l'idée de me venger. Et d'ailleurs, je fais la même chose: je suis attirée par les mecs de mes copines. Le désir mimétique, c'est assez vrai.
Et aussi, tous ceux qui m'ont humiliée, agressée, presque violée.
Ça m'arrive très souvent, chaque jour en fait. Chaque jour, on me siffle, on essaie de me peloter, on me fait des remarques plus ou moins subtiles.
Mais je ne les déteste pas, je n'ai pas envie de me venger d'eux !
Tout ça, c'est très peu de chose. Tout ce qui est personnel, je m'en fiche complètement. D'une manière générale, je suis indifférente, je me sens au-dessus ou plutôt à côté de ça. La haine, la concupiscence, qu'on peut me porter, ça ne m'atteint pas. L'humiliation, c'est la vie ! Et puis, si, a contrario, je fais rêver un peu, c'est merveilleux !
Mais éprouver, moi-même, de la haine, vouloir me venger, je m'en sens incapable.
Mais peut-être aussi que je suis une conne, une cruche !
C'est vrai que je n'ai encore jamais connu d'événement absolument dramatique dans ma vie et que mes propos peuvent donc apparaître ceux d'une affreuse pétasse. Que ferais-je si l'on avait assassiné l'un de mes proches ?
La réponse la plus extrême est celle du Christianisme: pardonner ! C'est vrai que c'est une position quasiment intenable.
Malgré tout, c'est celle dont j'essaie de faire un principe.
Tableaux de Karl HUBBUCH (1891-1979), allemand et influencé, bien sûr, par l'expressionnisme.
Ce n'est évidemment pas une peinture qui fait rêver; c'est sans doute révulsant ! C'est même déprimant mais ça exprime, aussi, ce dont j'ai horreur.





















































