









Alors oui, à 22 heures c’était « С Новым Годом » à Moscou, puis à 23 heures, c’était « З новим роком » à Kiev et enfin à 24 heures, c’était « Szczęśliwego nowego roku » à Varsovie. C’est ça qui est agréable quand on vit sur trois pays avec trois heures différentes. Ca démultiplie les fêtes.
J’étais évidemment triplement shootée et triplement stone. Pour un peu, je me serais tapée une fille ou même un mec en pleine piste de danse.

Vous me reprochez toujours d’être terriblement morbide. Mais non, je ne parle pas seulement de la mort, je parle aussi et surtout du désir. Si je peux apparaître obsédée, c’est que là-dessus, tout le monde ment. « Les hommes, tous, dissimulent la vérité dans les choses sexuelles », affirmait Freud.
Le sexuel, le désir, c’est la dissimulation par excellence. En plus, la sexualité, c’est, toujours, une activité dangereuse même si on croit qu’aujourd’hui on est en train de lever tous les tabous et d’épuiser le réel sexuel.

La sexualité, le désir, c’est dangereux parce qu’on y joue son rapport à l’autre, son rapport à la mort. C’est donc tragique.
Pour illustrer cela, je commence donc la décennie avec des photographies de Guy Bourdin. C’est très loin d’une vision acidulée, pacifiée, du désir. C’est la sexualité comme trouble, ébranlement.
On rapproche souvent Guy Bourdin de David Lynch. Des figures féminines surlignées et obsédantes, qui viennent continuellement vous hanter, qui reviennent sans cesse…, dans une infinie spirale.











