samedi 20 mars 2010

« La marche de Radetzky »


Ca y est. Je pars…demain… mais pour pas très longtemps.

Nous connaissons le livre de Joseph Roth, "La marche de Radetzky", qui dépeint la désintégration politique et sociale de l’Empire d’Autriche-Hongrie.

On dit que c’est l’un des grands romans du 20 ème siècle.

Moi, le parfum nostalgique m’a déplu et je n’ai pas été tellement sensible aux états d’âme de ces militaires et hauts fonctionnaires qui ne comprenaient rien à la diversité de leur pays, à leur temps.

Une grande partie de ce roman archi-classique se déroule aux confins de l’Empire, en Pologne et en Ukraine, mais c’est décrit de manière consternante, comme des zones nébuleuses et incultes.

Je me rends précisément dans ces lieux indécis. Je dégringole d’abord à Cracovie (Kraków), pour prendre un magnifique train de nuit qui me conduira dans ma chère Ukraine, à Lvov (Львів ou Львов ou Lwów).

Ça m’amuse de noter qu’Honoré de Balzac avait emprunté le même chemin que moi, en 1847, pour rejoindre son grand amour, la belle comtesse Hańska, dans son domaine de Wierzchownia.


A cette époque, il avait pu se rendre en train jusqu’à Cracovie, ce qui apparaît presque étonnant.
Cracovie justement, c’est évidemment l’une des plus belles villes d’Europe. C’est une ville médiévale, c’est ce qu’en retiennent la plupart des touristes.

Mais c’est aussi pour moi et c’est beaucoup moins connu, le lieu d’éclosion, à la fin du 19 ème-début du 20 ème, d’un extraordinaire mouvement artistique et intellectuel, synthèse de monde slave et autrichien.

Je l’illustre aujourd’hui avec quelques tableaux de Stanisław Wyspiański et Józef Mehoffer.


Stanisław Wyspiański - Józef Mehoffer

samedi 13 mars 2010

Le château de glace


J’ai longtemps été hantée par l’anorexie. Physiquement on en échappe un jour, on en meurt rarement. Psychologiquement, on porte en soi, définitivement, les traits de la lutte anorexique : une force absolue, l’orgueil, l’indifférence aux contingences matérielles. Une incapacité à l’amour.

L’anorexie, ça débute, à l’âge de 15-16 ans, avec la découverte du caractère torturant, obsédant de la sexualité, impossible à satisfaire. Misérables apparaissent les petits flirts, les petites amours en regard de l’attrait mortel de la déflagration, du bouleversement complet de l’identité.

La découverte aussi, à l’adolescence, d’un insupportable assujettissement au corps, à la nature, aux lois de la reproduction. Cette horrible idée que la biologie déterminerait notre destin, serait la justification ultime de l’ordre familial. Pas d’autre horizon que le mariage et la maternité.

Ne plus être soumise au corps, à la nature. Tel fut mon rêve.

Je l’ai déjà dit, on ne devient pas anorexique par imitation, pour se conformer à un modèle, pour jouir de la taille filiforme d’un mannequin.

C’est au contraire parce que l’on refuse tous les modèles.



On devient anorexique par révolte : je n’appartiens pas à ce monde, j’en récuse l’horreur, les sujétions, je suis différente… Je suis plus forte que la nature. Orgueil immense qui se paie d’une effroyable culpabilité.


Monde éthéré, monde de pierre, monde de glace, délivré du carcan des corps…

Mais pas monde atone : la brûlure de la glace…



Après, après, … on sort de l’anorexie en empruntant les voies de l’ascèse ou de la débauche.


Mais tout cela est indifférent. On alterne en fait l’une ou l’autre période… peu importe, il n’y a de toute manière jamais d’amour.


J’illustre ce post avec les photos d’une très jeune photographe américaine, d’origine ukrainienne et passionnée par le Japon (!!!), Jessica Walker.


Jessica Walker

dimanche 7 mars 2010

Pensée monde


C’est sûr, je ne parle pas beaucoup de la France dans mon blog. C’est pourtant là que je vis principalement. Mais je me sens personnalité non qualifiée. Le tourisme ? Je connais surtout Paris et un peu les Alpes. Une fois, je suis allée au bord de la Méditerranée mais je me suis tout de suite enfuie. La cuisine ? Je n’y connais rien du tout, pas plus d’ailleurs à la cuisine française qu’à la cuisine russe ou polonaise. La mode ? J’ai tendance à m’habiller « showy », à la slave, donc ce n’est pas toujours l’élégance parisienne. La politique ? Je suis libérale, jusqu’au bout, ce qui n’est pas évident dans un pays étatiste et policé, sinon dans ses mœurs du moins dans ses opinions.




Cela dit, je suis quand même d’assez près l’actualité culturelle parisienne. Récemment, j’ai assisté avec étonnement et inquiétude au lynchage médiatique qui a accompagné la sortie des deux livres de Bernard-Henri Lévy. La violence des textes, dans la presse et sur internet, est vraiment incroyable. Ca me rappelle vraiment les déchaînements des affaires Polanski et Mitterrand, à cette différence que c’était alors surtout les « braves gens » qui s’exprimaient. Aujourd’hui, ce sont des gens qui s’affichent « intellectuels » mais qui donnent surtout l’impression d’avoir un compte à régler avec ceux qui ne partagent pas leur vie médiocre.


Alors, accrochez-vous bien avant de me cracher dessus : moi, j’aime bien Bernard-Henri Lévy (j’ajouterai même que je le trouve très sympathique de même que son épouse, Arielle Dombasle, dont j’apprécie beaucoup l’esprit de dérision) ; j’aime bien aussi Alain Finkielkraut. En littérature, je considère que les trois plus grands écrivains français contemporains sont Philippe Sollers, Michel Houellebecq et Jonathan Littell. A titre plus personnel, j’apprécie aussi beaucoup les deux frères Rolin, mais eux, presque personne ne les connaît. Je terminerai même en disant que j’aime bien Christine Angot, mais, là, je fais quand même un peu de provocation.



Après cette énumération, j’imagine que vous allez me classer tout de suite dans la catégorie des super-nulles ou des midinettes décervelées.


Moi, je m’interroge plutôt sur un pays qui voue une pareille haine à ses écrivains et penseurs. Je suis également consternée quand je vois ce qui « se vend » dans la littérature française : Anne Gavalda, Amélie Nothomb, Eric-Emmanuel Schmitt, Marc Lévy, Bernard Werber, Jean-Christophe Grangé. C’est du divertissement mais évidemment pas de la littérature. J’ai même envie de pleurer quand je constate que je ne trouve que ça dans les librairies de Moscou ou de Varsovie. Quelle drôle d’image ça donne d’un pays qui s’est longtemps voulu flambeau de la culture !




Bernard-Henri Lévy, ça ne veut évidemment pas dire que c’est mon maître à penser. C’est sûr aussi que si on le compare à Deleuze, Foucault, Derrida, Lyotard, ça fait un peu léger. Je pense cependant qu’il n’y a rien de déshonorant à le lire. C’est tellement plus pertinent que les inquiétants staliniens, Bourdieu et Badiou, qui occupent aujourd’hui le devant de la scène.
Pour moi, BHL a su poser les bons problèmes : l’histoire, le totalitarisme, la démocratie, l’éthique, la Shoah. Il a bien montré que le vrai penseur de notre temps n’était pas Marx mais Tocqueville. Surtout BHL a arpenté le monde, voyagé, beaucoup voyagé et a su donner une dimension mondiale à la question politique. Il m’irrite évidemment souvent, en particulier dans sa détestation de la Russie, mais n’est-ce pas cela justement qui est stimulant ?



Il se différencie ainsi complètement des penseurs de l’ancienne génération : Deleuze, Derrida, Foucault. Aussi admirables soient leurs constructions théoriques, il est bien difficile d’en tirer une pensée politique cohérente, réaliste, en phase avec les problèmes actuels du monde. Il est d’ailleurs pour moi frappant de constater que ces grands philosophes n’ont que peu ou pas du tout voyagé. D’où leur enfermement dans une attitude esthétique, certes magnifique et séduisante, mais en décalage complet avec l’irruption du monde tout entier dans nos vies et nos pensées.


Voilà, je termine. J’ai choisi d’illustrer mon post avec une peintre franco-britannique, Monica Fagan. C’est délicieusement anachronique, avec une inspiration surréaliste qui nous rappelle une période d’extraordinaire créativité.




Monica FAGAN

samedi 27 février 2010

Le retour de la Russie


Ma grande rigolade, c’est d’aller voir des films de réalisateurs occidentaux censés se passer en Russie. Sur ce plan, je peux dire que j’ai été servie ces derniers temps avec trois beaux navets : « L’affaire Farewell » de Christian Carion, « le concert » de Radu Mihaileanu et « une exécution ordinaire » de Marc Dugain. Le plus ringard, c’est le concert, le plus mensonger, l’affaire Farewell, et le plus kitsch, une exécution ordinaire. Tout est faux dans ces films, qu’il s’agisse de la réalité culturelle ou de la réalité historique. Ca en apprend beaucoup plus sur la France, la façon dont on y voit « l’Est », que sur la Russie. Pourtant, ces films ont rencontré un succès critique ou public.




Il y a pourtant aussi en ce moment deux « vrais films » russes mais qui ne déplacent pas les foules. Il y a d’abord « Tsar » de Pavel Lounguine (« Царь » - Лунгин) et « 12 » de Nikita Mikhalkov (Никита Михалков). « Tsar » est magnifique, tourné dans l’un des lieux que j’aime le plus en Russie : le monastère des îles Solovki (Соловецкие острова). « 12 », c’est plus discutable.


Mais tous ces films me cassent aussi un peu les pieds. Ils abordent tous en effet, avec une originalité discutable, la question du pouvoir politique en Russie. Je trouve ça très réducteur. De même que la France, ce n’est pas Sarkozy, la Russie, ce n’est pas Poutine ou Ivan le Terrible.
J’aimerais bien qu’on parle enfin de la Russie et de l’Ukraine d’aujourd’hui, ces pays nouveaux qui s’expriment par leur créativité, leur dynamisme, le renouveau de leur littérature, leur peinture, leur musique.




Il faut d’abord aller sur place, dans les librairies, les galeries, les boîtes, y contempler dans un café ces magnifiques jeunes gens hyper modernes ; découvrir des pays beaucoup moins archaïques qu’on ne l’imagine.


Pour ma part, je commence aujourd’hui en vous présentant une jeune peintre moscovite que j’adore, Olga Akassi. Je sais bien qu’en France, on va trouver ça peu original; mais ça ne veut pas dire pour moi que ce n’est pas émouvant.




Olga Akassi - Ольга Акаси

samedi 20 février 2010

« Le rêve de la femme du pêcheur »


J’étais à Berlin ces derniers jours. C’est une ville où je me sens bien. Cosmopolitisme d’Europe centrale, qualité de vie. Délicieuses soirées à boire de la bière, à manger des harengs et de l’anguille dans des cafés bondés, bruyants, colorés. Le « zusammenleben » allemand, c’est vraiment une réalité et ça a des aspects troubles et festifs extraordinaires. Et puis le froid, la neige…


C’est étrange, je me souviens très bien du Berlin d’avant la chute, de West Berlin et de Berlin Hauptstadt der DDR. Je me promenais alors sur la Potsdamer Platz, immense et vide, et puis j’allais de l’autre côté, sur l’Alexanderplatz, encore plus immense et encore plus vide, dans l’un des très rares cafés de Berlin Est, à la décoration toc moderne, fréquenté par de non moins rares consommateurs.


Une lugubre mais exaltante tristesse.
Evidemment, plus rien n’est pareil aujourd’hui ; alors on compare sans cesse et on se laisse envahir par une coupable nostalgie.


Berlin, c’est toujours pour moi une charge émotionnelle exceptionnelle. Peut-être le caractère mélancolique, désolé, qui perdure. Et surtout, le croisement de l’hyper-modernisme et de la culture trash.

Les Ailes du désir (Der Himmel über Berlin) de Wim Wenders, sorti en 1987, a un peu traduit cette espèce de tension érotique éprouvée.

Mais quand je vais à Berlin, c’est surtout le film « Possession » d’Andrzej Żuławski (prononcer : jou-ouavsski en accentuant sur le a) qui me hante.


Ce film est presque une torture émotionnelle pour moi tant je m’y reconnais dans l’attirance pour l’horreur et le mal.

Un film tourné dans des couleurs grises et bleues, dans une ambiance d’apocalypse et d’angoisse.
Un banal couple, Sam Neill et Isabelle Adjani, qui vit dans un immeuble déglingué de Berlin ouest, à proximité du mur. Un gentil mari, totalement dépassé par les événements, cocufié par sa femme, irrésistiblement attirée par un monstre, une horrible et répugnante pieuvre.


C’est totalement incompréhensible pour l’homme. On croit que la femme a besoin d’amour, de fusion ; on croit qu’elle n’aime que les belles choses et n’a que de bons sentiments ; mais on découvre qu’elle n’est fascinée que par l’abîme, le mal, la perte.


Il n’y a pas de communication, pas d’amour entre les sexes, rien qu’une radicale altérité.
Le seul moment où l’homme et la femme communiquent dans ce film, c’est, dans l’éclair d’un regard, lorsque le mari découvre sa femme, Isabelle Adjani, faisant l’amour avec cette épouvantable pieuvre.



Une femme ne fait jamais l’amour avec son petit mari ; elle devient une mer sans limites dans laquelle elle se noie, un plaisir sans fin et sans début aussi.


Il y a quelques années, à l’occasion de l’un de mes premiers voyages au Japon, j’ai découvert l’étrange filiation de la pieuvre d’Andrzej Żuławski avec une extraordinaire estampe érotique de Katsushika Hokusai (葛飾 北斎).


Hokusai, c’est probablement le peintre japonais le plus connu en Europe. On connaît tous la Grande Vague de Kanagawa (1831) et les Trente-six vues du mont Fuji. Une peinture esthétique, reposante.


Mais son œuvre est immense et ce n’est pas pour rien qu’on l’appelait « le vieux fou de la peinture ».

Hokusai a surtout peint pour moi l’œuvre la plus érotique, la plus obscène, la plus scandaleuse : « Le rêve de la femme du pêcheur »
Une femme allongée, nue, subissant l’assaut d’une énorme pieuvre; elle s’abandonne totalement tandis qu’une deuxième petite pieuvre plonge un tentacule dans sa bouche.

Difficile d’être plus troublant. Je frémis toujours en contemplant cette estampe. Elle aurait effrayé Edmond de Goncourt et Victor Hugo eux-mêmes au 19 ème siècle.

Curieusement, j’ai découvert qu’O. Kinjiki, l’une des rares blogueuses que je lis, avait parlé, bien avant moi, de la femme du pêcheur.
Elle l’évoque très simplement avec deux citations qu’elle me pardonnera, je l’espère, de reprendre à mon tour.


« Vous soulevez vos cuisses. Vous vous poussez à ma rencontre. Vous vous ouvrez. Vous prenez mon nez, ma bouche entre vos grandes lèvres. Vous vous fixez à mon visage comme le poulpe au rocher. »

Bernard Noël – « le Château de Cène »


« Assise, elle maintenait haute une jambe écartée : pour mieux ouvrir la fente, elle achevait de tirer la peau des deux mains. Ainsi les « guenilles » d’Edwarda me regardaient, velues et roses, pleines de vie comme une pieuvre répugnante. »

Georges Bataille – « Madame Edwarda »


Il fallait du courage, pour une jeune femme, pour écrire cela.


Photos d’Andrzej Żuławski
Hokusai : « Le rêve de la femme du pêcheur »

vendredi 12 février 2010

Les odalisques byzantines de John Galliano



















































































































Evidemment, vous allez dire que j'ai du retard puisque je vous parle de la collection prêt à porter 2010 de John Galliano. Mais tout de même, c'est encore l'hiver et vous pouvez encore faire vos emplettes.


John Galliano s'est inspiré du monde slave. Je me suis contentée de confronter ses modèles à quelques tableaux célèbres de la peinture russe du 19ème siècle. C'est drôle, le costume russe, ça a longtemps été le costume byzantin.


Evidemment, Galliano, c'est bien, très bien même... mais ça n'est tout de même pas aussi révolutionnaire qu'on le dit. Il suffit de redécouvrir les costumes de Leon Bakst pour les ballets russes. Le plus moderne n'est peut-être pas celui que l'on croit.

John GALLIANO - PAP Hiver 2010


Vasnetsov Виктор Васнецов
Korovin Константин Коровин
Sourikov Василий Суриков
Nesterov Михаил Нестеров
Ryabushkin Андрей Рябушкин

samedi 6 février 2010

Du désir au féminin


Les hommes désirent les femmes, ils en rêvent, veulent les conquérir. Cela est bien connu, cela a donné lieu à une production romanesque abondante de par le monde.

Mais la réciproque est loin d’être évidente. Les femmes ne s’intéressent aux hommes que secondairement. Les femmes ne désirent pas les hommes en tant que tels et surtout pas pour leurs qualités. Les femmes n’éprouvent de désir que pour les hommes qui vont causer leur perte. Elles n’éprouvent en fait de désir que pour l’abîme, la mort.




Mais d’abord, avant tout cela, les femmes vivent dans une tension perpétuelle de tout leur être. Elles sont continuellement aspirées par une image idéalisée d’elle-même, leur fantôme inaccessible. La femme parfaite, l’autre femme qu’elles ne sont pas, cette figure marmoréenne et impavide par rapport à laquelle elles sont en perpétuel décalage. On appelle cela le narcissisme. Pas de plus grande jouissance que de se sentir belle, pas de plus grande souffrance que d’être laide. La tyrannie de la beauté balaie tous les idéaux égalitaristes. Mais tout est fragile, réversible et il y a donc pour toutes une angoisse permanente, un sentiment d’incomplétude.



Alors on veut qu’éclate l’image idéale. Etre délivrée du modèle parfait. Descendre sur terre au prix parfois de l’avilissement, de l’humiliation. On connaît la force des fantasmes prostitutifs et on connaît aussi la fascination de beaucoup de femmes, souvent les plus distinguées, pour les brutes épaisses et les mauvais garçons, les êtres ignares et acculturés. C’est bien sûr Lady Chatterley. Mais contrairement à ce qu’on dit, ce n’est pas l’authenticité ou la virilité de ces hommes qui est recherchée. Il n’y a en eux aucune humanité supérieure. C’est l’attrait du mal, la souillure et la dégradation qui fascinent en eux. La transgression qui va briser la cage du narcissisme.




Alors oui, le désir féminin ouvre bien sur la mort.


Et voilà pourquoi, moi Carmilla la vampire, j’erre souvent le week-end, telle Caroline Ducey dans le film « Romance » de Catherine Breillat, dans les rues du Paris nocturne ; allant, au volant de ma BM, d’un bar ou d’une boîte à l’autre, impeccablement habillée, impeccablement belle…



Photos de Sophie PAWLAK qui a réinventé la photo floue et ouvert un nouveau regard sur le sexy féminin