On s'attache à nous faire vivre dans une trouille, une frousse permanentes, surtout quand on est une femme. On vivrait, ainsi, dans un monde hyper-angoissant, peuplé de harceleurs, de violeurs, de pervers narcissiques omniprésents face aux quels on ne serait, évidemment, que de pauvres petites créatures sans défense. Le pire, c'est qu'on est éminemment disposées à épouser ces galéjades et puis on aime bien être des victimes, ça donne plein de droits, le droit à la méchanceté et à la crapulerie notamment.
Le féminisme victimaire, celui de la haine de l'autre et des hommes en particulier, a, comme ça, de beaux jours devant lui. J'en veux pour preuve la lamentable et terrifiante affaire de cette semaine, l'affaire Baupin. Même dans la presse polonaise, on en a parlé!
D'abord, elles m'ont fait hurler de rire ces grandes filles, ces grandes godiches, exerçant, tout de même, certaines responsabilités politiques sur des postes souvent obtenus, il ne faut pas l'oublier, par copinage, complaisance. Elles osaient se déclarer, en toute candeur, définitivement traumatisées parce qu'on leur avait fait une remarque sur leur robe, tenu des propos graveleux ou essayé de les caresser. Pendant 3 ans, elles n'ont pas osé parler (date limite de la prescription judiciaire, il faut le préciser), tellement elles étaient sidérées, tétanisées.
Le comble du ridicule, c'est quand j'ai entendu le témoignage d'une ancienne ministre de Giscard d'Estaing (elle s'appelait Pelletier, je crois): en 1979, un sénateur avait essayé de l'embrasser. 35 ans plus tard, elle ne s'en était toujours pas remise. Quelle horreur en effet !
Qu'est-ce que c'est que ces oies blanches, ces vierges effarouchées ?
D'où elles viennent, ces bonnes sœurs ? On vit à Paris ou à Ryad-sur-Seine ?
La France, pays du libertinage ?
J'ai, d'abord, vraiment, rigolé. Mais rapidement, elles m'ont terrifiée, ces crétines. Je les croyais simplement bêtes mais j'ai vite compris qu'elles étaient, surtout, méchantes. Elles ont d'abord recueilli des centaines de signatures éminentes, créé un site Internet, réclamé que la prescription pour harcèlement soit portée à 10 ans (au lieu de 3 aujourd'hui), rappelé que la peine encourue était de 2 ans de prison (rien que ça) et surtout exigé que la parole se libère, que toutes les femmes s'expriment (parce que toutes les femmes sont potentiellement victimes).
Il faudrait, absolument, adhérer au Parti de la Vertu et pour cela, mettre fin à l'omerta, la conspiration du silence, choisir la transparence absolue. Il faudrait raconter tous nos traumatismes, dénoncer tous nos agresseurs. Oh la, la ! Si je me base sur ma seule expérience, ça risque d'être terrible. Ce sont des milliers de types qui peuvent être inquiets. Des milliers qui, en 10 ans, m'ont sifflée, draguée, pelotée, baisée. Ils vont savoir ce qu'est la vengeance d'une femme. Et ils s'en tireront à bon compte parce qu'il y a bien plus garce que moi.
Diable ! D'abord, ça me gêne beaucoup, quand on se prétend démocrates, qu'on évacue, d'un coup, tout le système judiciaire. L'Etat de Droit, c'est vraiment encombrant, en effet. A quoi ça sert toutes ces procédures longues et compliquées ? Prenons, plutôt, exemple sur la justice islamique, c'est beaucoup plus rapide. C'est tout de même plus simple de s'adresser à France-Inter et Médiapart, les supports de la bien-pensance. Les résultats sont immédiats et garantis.
La présomption d'innocence, ça n'a pas de sens pour un type qui est, de toute manière, un "gros dégueulasse". Pas besoin de preuves. Se défendre, donner son point de vue, il ne peut pas en avoir le droit, il est forcément coupable. Et puis, il est laid, aussi laid que le ministre Sapin qui aimerait faire claquer l'élastique de la culotte de journalistes (j'ai trouvé délicieusement érotique ce témoignage outré).
Comme ça, on peut déclencher, en toute impunité, un lynchage médiatique. On s'en fout de briser sa famille, sa vie professionnelle. Baupin, je ne le connaissais pas et je ne veux pas le connaître. Un écolo, d'ailleurs, ça ne m'inspire pas du tout mais ça me révulse qu'on puisse virer quelqu'un sur le seul fondement d'accusations portées par des médias qui jouent le rôle de police des mœurs.
Au secours ! SADE reviens ! Qu'il existe des beaufs, des gras, des lourds, des connards, des frôleurs, des peloteurs, des crétins qui abusent de leur pouvoir, tout le monde sait ça, c'est la vie ! Mais c'est à nous de composer avec ça! Ce qui est nouveau, c'est qu'on veut traîner tous ces gens là, souvent des pauvres types, devant des tribunaux et qu'on veut les punir férocement. Il paraît qu'on vit dans des sociétés de permissivité sexuelle: quelle blague !
Oserais-je le dire? Qu'on me drague, j'aime bien ça ! Même si ça se produit 10 fois par jour ! Ça me soûle un peu, bien sûr, parce que se débarrasser des importuns, ça prend, souvent, beaucoup de temps. Mais que serait un monde où plus personne ne viendrait m'embêter, me dire que je suis belle ? "Un monde sans sexes et sans sexe", comme le dit justement Elisabeth Levy.
Il y a un trouble profond, inavouable, pour une femme, à s'exhiber, à être vue, déshabillée, en public.Capter l'attention, c'est un triomphe! C'est comme ça, par exemple, que ma copine Daria et moi, on adore se promener, le samedi, dans Paris, habillées de manière extravagante. Bien sûr qu'on est, mille fois, sollicitées, harcelées. On en mouille nos culottes mais ça ne nous gêne pas, on serait malheureuses si ce n'était pas le cas et il ne nous viendrait jamais à l'idée de porter plainte contre les harceleurs. On les aime bien en fait !
Tableaux de Jeanne MAMMEN (1890-1976), peintre allemande (de Berlin) qui a connu une certaine célébrité avant l'avènement du nazisme puis est tombée, totalement, dans l'oubli. C'est peut-être dommage !




















































