Séduction: c'est la problématique de toute femme. On accepte ou refuse ça !
C'est tout le rapport avec les mecs, la rencontre avec leurs fantasmes. Dès que j'ai eu 15 ans, je me suis posé cette question: me faire baiser, en avoir ou non l'initiative, est-ce que c'est ça que je veux, dont j'ai envie ? C'est, d'une certaine manière, profondément humiliant, révoltant ! C'est le choix, ou non, de la soumission : me faire ramoner, pendant des années, par un abruti, est-ce que ça n'est pas une perspective désespérante ?
Comme toujours, je n'ai pas eu de réponse tranchée, j'ai été indifférente, relativiste. Ça dépend, je me suis dit...Je suis, il est vrai, une grande je-m'en-foutiste ou, plutôt, j'ai du mal à décider ! C'est ma faiblesse mais, peut-être, ma force.
Pourquoi, aussi, faire tant d'histoires pour des choses si prosaïques ? Ces grandes interrogations, ça ne concerne que celles qui sont obnubilées par l'amour, le grand Amour. J'ai toujours été étrangère à ça, j'ai toujours été très rationnelle en la matière, peut-être en raison de mon ascendance ukrainienne.
Ça n'a pas grande importance, me suis-je dit ! Qu'importe ! Ça ne peut pas m'atteindre ! Donc, j'ai couché, sans états d'âme, avec à peu près n'importe qui n'importe quand, les types qui me plaisaient à un moment. En matière sexuelle, je suis absolument démocrate. Les filles qui ne recherchent que l'aura sociale, les super-mecs (super-beaux, super diplômés), ça m'a toujours gênée. Le sentiment, ça n'a jamais été nécessaire pour moi. J'ai toujours préféré l'insignifiance, la brûlure ponctuelle d'une rencontre. J'ai couché avec des types minables et ça m'a plu, aussi, parce que je savais que je leur avais fait plaisir. J'ai donc, quand même, choisi la séduction !
La séduction, ça ne m'a jamais posé trop de problèmes ! Autant prendre l'initiative, on sait, du moins, dans quel registre on joue.
Je ne peux pas concevoir de sortir sans être maquillée (même pour descendre une poubelle !), je préfère la jupe au pantalon et j'adore les high-heels. Ça ne me gêne pas, non plus, d'arborer, à l'occasion, porte-jarretelles et dessous rouges. Tant pis si je suis jugée vulgaire ! Et coucher, pour moi, c'est toujours dès le premier soir, jamais après ! Ça évite tous les embrouillaminis.
C'est, évidemment, effroyablement trivial et on comprend toutes, un peu, les hurlements des féministes. On découvre que l'apparence, ça change beaucoup de choses: l'attention qu'on vous porte, presque tous les regards posés sur vous. C'est évidemment consternant ! Votre personnalité, les autres n'en ont à peu près rien à fiche, ce n'est pas, en en faisant étalage, que vous parviendrez à les conquérir. Essayez de séduire en parlant du dernier bouquin que vous avez lu.
Vous réussirez mieux à "attirer" avec des "détails": le balancé de votre démarche, les intonations de votre voix, les motifs de votre collant, le grain de votre peau, la bretelle de votre soutien-gorge, les jeux d'ombre de votre fard à paupières. C'est l'infime, l'inévaluable, et pas la belle totalité qui accroche, émeut.
On peut se révolter contre ça mais refuser de rentrer dans le jeu de l'apparence et de la futilité, vouloir, à tout prix, s'en tenir à la vérité de son être, c'est manquer quelque chose d'essentiel, c'est se soustraire à la dialectique compliquée du désir, c'est se condamner à devenir bonne sœur. Le désir, il n'a que faire des belles âmes, de la vertu, des bons sentiments. Il faut le reconnaître: les gens bien, exemplaires, ne sont pas séduisants, on préfère toujours les crapules et les canailles.
On préfère le mensonge de l'apparence et de la séduction. Les voiles, c'est ça qui est essentiel dans toute relation et même, et surtout, en amour. Même si on sait bien qu'il n'y a, de toute manière, rien derrière les voiles. On n'est jamais vraies, authentiques !
Il faut le reconnaître: la vie est cruelle ! Moi-même, je suis affreuse, épouvantable mais c'est ma condition de survie.
Quoi qu'on en pense, qui qu'on en dise, le silex de la vie entre les sexes ça demeure le pouvoir, la hiérarchie, l'humiliation. A vous de composer, le moins mal possible, avec ça !
Tableaux de Michal SWIDER, peintre Cracovien né en 1962. J'adore, je suis fan ! Il est, pour moi, une illustration magnifique de "Carmilla".



























































