On adore, tous, les scandales financiers !
Cahuzac et Fillon, ça nous a passionnés....
Et puis, les Panama Papers et aujourd'hui tous ces dossiers d'optimisation fiscale, on juge ça vraiment honteux ! C'est la finance folle, cynique, qui spolie les honnêtes travailleurs: tous ces milliards qui pourraient être employés à des projets étatiques forcément plus nobles!
Il faudrait condamner très lourdement les fraudeurs, les fiche en prison pendant au moins 25 ans. C'est vraiment l'horreur capitaliste !
Quant aux salaires des stars et des sportifs, c'est immoral et disproportionné !
Nous, évidemment, on est irréprochables. On ne mentionne même pas qu'il nous arrive, à nous aussi, de frauder un petit peu le fisc, de solliciter des faveurs et avantages (un appartement, une allocation, une bourse), de faire jouer le copinage, le piston, de chercher toutes les bonnes occasions de faire une bonne affaire, de truander un peu par ci par là.. Rien ne nous réjouit finalement plus que de payer moins cher que le voisin !
Nous aussi, on est mesquins et âpres au gain ! Voler l'Etat, ça ne nous pose pas tellement de problèmes moraux. En fait, si on ne fraude pas davantage, c'est moins parce qu'on est honnête que parce qu'on manque d'opportunités et surtout qu'on est peureux, qu'on a la trouille de se faire pincer !
Les scandales financiers, ça nous excite, donc, beaucoup ! Ça nous donne bonne conscience: on est tellement différents de ces salopards !
Mais ça me semble un leurre énorme et je ne crois vraiment pas qu'il suffirait d'éradiquer les scandales financiers pour rendre le monde plus riche et plus juste. La corruption, les détournements de fonds, l'évasion fiscale, les gratifications exorbitantes, ça n'est jamais qu'une circulation d'argent qui échappe au contrôle de l'Etat. Mais il n'est pas sûr que ce dernier en ferait meilleur usage. Ce que LVMH n'a pas payé en impôts à l'Etat français, il l'a peut-être employé à d'autres activités, d'autres investissements, plus pertinents que ceux de l'Etat.
Sommes-nous, d'ailleurs, fondés à moraliser, à dénoncer l'argent sale ? Comme il est commode et réconfortant d'avoir quelques affreux sous la main (des financiers, des politiques, des stars) sur lesquels on peut déverser toute notre bile ! Les pourris, ils nous distraient mais surtout ils nous déculpabilisent et nous déchargent de notre responsabilité. L'horreur du monde, ça n'est pas de notre faute !
Pourtant, il y a des réalités brutes et se focaliser sur l'argent sale, c'est, en fait, presque obscène. L'argent sale, c'est anecdotique ! Ça permet de détourner l'attention, de refuser la réalité économique impitoyable: celle, tout simplement, des inégalités de niveaux de vie, des pays riches et des pays pauvres et ça, ça n'est généré, pour l'essentiel, que par l'argent propre.
L'angoisse écologique actuelle permet de comprendre ça. Parce que, bien sûr, nos smartphones, notre sécurité sociale, nos voitures (même électriques), notre alimentation bio, nos voyages aux Seychelles, il n'est pas concevable que les autres y accèdent ! Que la Chine ou l'Afrique accèdent à notre niveau de vie, c'est tout simplement impossible, la planète exploserait !
Il y a un grand silence sur la vérité du monde que "les affaires" nous permettent d'oublier.
La vérité, c'est l'inégalité de richesse des nations. La vérité, c'est d'un côté les pays où on survit à peine, où on est contraints de se prostituer ou de donner son sang pour manger et de l'autre les pays du Club Méd, du Beaujolais et des autoroutes. Ça se révèle, aujourd'hui, dans le problème des migrants !
Le problème, c'est que, même si on est pétris de valeurs humanistes et démocrates, on aimerait rester bien au chaud et qu'on voudrait continuer à avoir le beurre et l'argent du beurre. "On ne peut pas accueillir toute la misère du monde" dit-on !
C'est vrai ! Mais c'est aussi le projet qu'avait Hitler. Il y avait les peuples qui devaient disparaître et ceux qui étaient appelés à subsister et se développer. Je ne dis pas qu'on en est là mais j'ai noté qu'avec la pression écologique, on parle, maintenant, de plus en plus de Malthus dans les médias. L'holocauste et pourquoi il peut se répéter ( notamment sous l'effet de la contrainte écologique), écrivait notamment le grand historien américain, Timothy Snyder.
Photos de Carmilla Le Golem dans les 1er, 2ème et 3 ème arrondissements de Paris. C'est fait avec un seul petit appareil, un peu bizarre, compliqué d'utilisation, le Sigma DP2 Merrill (il n'est plus en vente mais on trouve son équivalent avec le Sigma DP2 Quattro) qui sort des images proches d'un moyen-format. Avec de la patience (c'est l'anti-smartphone), on arrive à tirer des choses qui, me semble-t-il, sortent du commun. A titre anecdotique, c'est aussi l'appareil photo de Michel Houellebecq.
J'ai décidé de poster davantage de mes photos. Ça peut paraître prétentieux parce que je ne suis pas photographe et que mes images sont, forcément, très imparfaites, voire inintéressantes. Mais j'ai le sentiment qu'avec des photos, même moyennes ou médiocres, on exprime beaucoup de soi. Enfin, je vais, prochainement, changer de boulot et je suis appelée à pas mal voyager. Il faut donc que je m'entraîne d'abord sur Paris.