
En janvier 1913, Joseph Staline se trouvait à Vienne (l'un des très rares voyages à l'étranger qu'il ait effectués). Il lui arrivait de se promener dans le magnifique parc, tout proche, de Schönbrunn. Il est possible, probable, qu'il ait alors croisé un jeune homme désœuvré et d'aspect pitoyable, Adolf Hitler. Ce dernier avait alors 23 ans tandis que Staline en avait 11 de plus. Leur point commun était qu'ils étaient tous les deux des ratés et qu'ils n'avaient encore à peu près rien fait de leur vie. Quelques décennies plus tard, un autre "grand raté" allait aussi se révéler, contre toute attente, au monde: Vladimir Poutine.
Les "grands monstres", on ne cesse de s'interroger sur leur parcours, de cerner les grands "déterminants" de leur enfance-adolescence expliquant leurs crimes. Mais le moins qu'on puisse dire, c'est qu'on n'arrive à rien de vraiment convaincant tant leur existence est sinistrement banale. D'explication psychologique définitive, il n'y en a pas. Rien que des interrogations.
On peut quand même déceler, me semble-t-il, quelques ressemblances et analogies dans les trajectoires et comportements de ces trois "extrémistes" du pouvoir.
Concernant leur enfance d'abord, tous trois avaient des pères, plutôt alcooliques, qui aimaient dispenser des coups à leur progéniture et à leur épouse et qui ne s'intéressaient guère à l'éducation de leurs enfants. On peut aller jusqu'à dire que Staline et Hitler ont été ensuite portés par la haine de leur père.
Deux pères étaient, cependant, honorables. Celui d'Hitler, tout d'abord, fonctionnaire méritant et ambitieux des douanes autrichiennes. Une énigme s'attache toutefois à lui: ses origines biologiques sont incertaines. Qui était vraiment son père ? Cela a-t-il pu troubler le jeune Hitler ? A ce sujet, de multiples théories, plus ou moins farfelues, ont été développées (allant jusqu'à affirmer que le père d'Hitler était d'ascendance juive et que l'antisémitisme forcené du fils était donc une manière d'effacer son père).
Le père de Poutine était, lui, un ardent communiste, soldat de l'Armée Rouge, gravement blessé dans la défense de Leningrad. Un personnage sombre et taciturne dont les conversations portaient surtout sur ses exploits et l'héroïsme de toute la nation russe.
Le père de Staline était, lui, une vraie brute. Un cordonnier itinérant, violent et alcoolique qui prenait plaisir à se quereller et à battre sauvagement son entourage. Il fut tué dans une bagarre vers 1910 (alors que son fils avait donc près de 30 ans).
Quant aux mères, on peut dire qu'il y avait deux grandes timorées et une femme énergique.
La mère de Hitler, d'abord. On sait que son fils a toujours exprimé sa vénération envers elle. Mais elle n'avait rien d'une femme forte, elle était entièrement soumise aux diktats de son époux, elle ne pouvait servir de modèle. Sa passivité faisait qu'elle se désintéressait, en fait, du monde extérieur et probablement, également, de son fils pour le quel elle n'éprouvait pas, en réalité, de véritable affection. Une femme triste, à la vie triste, morte prématurément (47 ans) d'un cancer.
Quant à la mère de Poutine, on peut dire qu'elle était une femme modeste lourdement psycho-traumatisée, ultra craintive et anxieuse. Ca s'explique d'abord par la mort, en bas âge, de ses deux premiers fils. Ensuite parce qu'elle a traversé, pendant, plus de 2 années le siège de Leningrad et qu'elle a, alors, failli mourir de faim et d'épuisement. C'est à l'âge de 41 ans qu'elle a donné naissance à son troisième et dernier fils, Vladimir. Mais avec un passé à ce point incommunicable, comment établir un lien authentique avec son fils, cet unique survivant ?
La mère de Staline, bien que très modeste (simple lessiveuse), s'est, en revanche, révélée une femme forte. Elle a mis à la porte le père de Staline et, surtout, elle a eu le souci de l'éducation de son fils. Très pieuse, portée à la spiritualité et la fréquentation des Popes, elle s'est démenée pour que son fils entre au séminaire de Tiflis.
Voilà l'essentiel de ce que l'on peut dire de l'enfance de nos futurs dictateurs. On peut ajouter que leur cadre de vie était à peu près sinistre, voire lugubre. La Géorgie de la fin du 19ème siècle de Staline, on peut imaginer que c'était très primitif. Quant au Léningrad de Poutine, c'était la misère soviétique dans un appartement communautaire surpeuplé et dans une ville en ruines. Seul Hitler a bénéficié d'un environnement matériel pas trop désagréable, à l'abri du besoin, dans de petites villes autrichiennes.
Quand est venu le temps de leur scolarité, on peut dire que les parcours respectifs de nos trois énergumènes n'ont guère été brillants, allant du lamentable au médiocre.
Le plus cancre a été incontestablement Hitler. Mais peut-être moins en raison d'une intelligence bornée, que d'un esprit velléitaire et paresseux. Un "glandeur" absolu, dirait-on aujourd'hui. Incapable d'effort et d'investissement dans une quelconque discipline. Même la langue allemande, il l'écrivait avec des fautes surprenantes. Un laisser-aller complet. Toute sa vie, il a traîné ça mais devenu adulte, il essayait de le dissimuler sous le masque d'une agitation permanente.
A l'issue du Gymnasium de Linz (abandonné sans diplôme à la fin de la 3ème et où il a côtoyé, par un de ces hasards étranges de la vie, Ludwig Wittgenstein, un des grands génies du 20ème siècle), il avait des prétentions artistiques d'abord pour la musique (mais ça demandait trop de travail et de persévérance), ensuite pour la peinture. Mais il avait, tout au plus, le talent d'un peintre de la Place du Tertre à Montmartre. Il est ainsi passé complétement à côté des grands bouleversements artistiques qui agitaient Vienne à cette époque (Klimt, Schiele, Kokoschka, Die Brücke, le Blaue Reiter).
Poutine, c'était un peu différent. Il avait du mal à s'intéresser à autre chose qu'aux jeux et aux bagarres avec ses copains. Pour fuir l'enfer de la vie en "kommunalka", il passait son temps avec des voyous de son espèce dans les cours d'immeubles. Il y a fait l'apprentissage de la violence : en dépit de son frêle gabarit, il choisissait ainsi l'"attaque" et jouait au caïd. On dit qu'il était sur le point de verser dans la délinquance. Ce qui l'en a détourné, c'est peut-être la pratique, jusqu'à un bon niveau, du judo (il est d'ailleurs le seul sportif de notre bande des 3).
Mais dans ce contexte, il a évidemment été un élève médiocre. Il a toutefois réussi à intégrer l'Université et à effectuer de laborieuses études de Droit. Mais au final, on ne connaît aujourd'hui à Poutine aucune véritable passion intellectuelle, artistique ou littéraire (à l'exception de l'auteur de romans policiers, il est vrai remarquable, Julian Semenov). Son russe n'est pas élégant et même, souvent, vulgaire. Seul semble l'intéresser le sport et, surtout, le sport de combat.
Staline, en revanche, a, tout au long de sa vie, affiché une intelligence que l'on disait assez remarquable. Très bon écolier, il s'est ensuite montré un brillant séminariste passant son temps à lire et à étudier. Du trio, il est d'ailleurs le seul véritablement cultivé. Il disposait d'une impressionnante bibliothèque au Kremlin et avait une connaissance approfondie de la littérature européenne (française notamment). Du séminaire, il a retenu les "méthodes jésuitiques" de surveillance, espionnage, invasion de la vie privée.
Staline aurait pu devenir un excellent prêtre mais il est rapidement devenu athée et a choisi un autre Dieu, le marxisme. Il a donc été renvoyé, en 1899, du séminaire de Tiflis et devint alors un "révolutionnaire professionnel". A partir de là, il est entré dans une forme de délinquance en se livrant, pour les besoins financiers du Parti, à l'attaque et au pillage de banques en Géorgie. Staline simple braqueur de banques, cela a généralement été oublié, effacé. Il n'hésitait pas, pour cela, à faire feu et ça a été, quelquefois, sanglant. En 1907, il a ainsi réalisé un "casse du siècle" en faisant usage de bombes. Ce furent ses premiers crimes. Ca lui a coûté plusieurs relégations en Sibérie dont il s'est assez bien accommodé.
Finalement, nos trois lascars ont achevé leur scolarité avec un sentiment de frustration et d'échec. Ca explique le ressentiment et même la haine qu'ils ont ensuite entretenus envers les élites intellectuelles et artistiques. Ca a été particulièrement le cas pour Hitler, bien sûr, qui a organisé de grands autodafés des œuvres des "dégénérés" mais aussi de Staline qui a voué une haine mortelle à Trotsky, cet intellectuel élégant qui semblait être le successeur "naturel" de Lénine, et n'a eu de cesse de l'éliminer.
Certes Poutine a exercé au KGB où il a accédé au grade de colonel. Mais peut-on dire qu'il s'agit d'un véritable travail, d'autant qu'il n'exerçait que des fonctions subalternes? Sa plus grande promotion a été d'être envoyé en RDA à Dresden. Mais espion en RDA, dans pays où une bonne partie de la population passait son temps à surveiller l'autre, c'était presque comique, ça ne devait pas être trop foulant. La véritable énigme, c'est en fait de comprendre comment cet agent subalterne du KGB, inconnu de tous, a pu, un jour, conquérir le pouvoir suprême en Russie.
Dans la relation au travail, le pire, ce fut évidemment Hitler. Il était incapable de traiter un dossier administratif et de s'y intéresser. Il ne savait que dégoiser, à l'infini, sur la grandeur de l'Allemagne. Il a rapidement mis fin à tout conseil des ministres laissant s'accumuler les affaires non résolues. C'est un aspect qui a été rarement étudié, mais sous le nazisme, l'administration allemande est rapidement devenue un foutoir inimaginable. Mais pour que le pays continue néanmoins de fonctionner, on a eu l'idée d'une nouvelle gouvernance: l'important, c'était d'agir "dans l'esprit du Führer". Ca ouvrait évidemment la voie à toutes les interprétations et exactions mais qu'importe le Droit et la Loi ! C'est à méditer à une époque où, aujourd'hui, on ne cesse de dénoncer les méfaits de l'administration et on ne parle que de déconcentration et de délégation.
Un seul s'est finalement révélé un grand travailleur et même un bourreau de travail. Ce fut Staline par qui toutes les affaires devaient passer. La centralisation absolue ! Mais il se gardait bien, en revanche, de se confronter au terrain.
Il faut enfin évoquer l'aspect intime de la vie de nos apprentis dictateurs: celui de la sexualité et de la relation aux femmes.
Tous les trois étaient physiquement très moches. Hitler, pas besoin de développer, il était naturellement repoussant. Staline avait le visage grêlé par la variole, un bras gauche atrophié, était petit et d'une apparence asiatique, au teint mat. Quant à Poutine, il est vraiment tout petit pour aujourd'hui (1m 67) et d'aspect caricaturalement russe. Tous trois s'affichent, en tous cas, puritains et pudibonds et ont du rapidement se convaincre que, sur leur seule apparence, ils n'avaient absolument aucune chance auprès des filles.
Hitler est, sur cette question de la relation aux femmes, incontestablement le plus énigmatique. Dans sa jeunesse, on ne lui connaît aucune "histoire de filles". Il ne se prenait probablement que des râteaux ou plutôt n'osait-il même pas. Après, quand il a commencé à devenir connu, tout le monde s'accorde à relater sa grande courtoisie et sa déférence envers les femmes. C'est cette attitude respectueuse à leur égard qui explique sans doute la séduction qu'il a exercée sur nombre de femmes allemandes. Des "groupies" hystériques venaient assister à ses meetings. Cela, c'est l'aspect public mais, pour ce qui est du privé, c'est beaucoup plus trouble.
Que penser d'abord de sa relation avec Magda Goebbels, une femme d'une certaine classe et éducation qui lui vouait une admiration sans bornes ? Il l'a étrangement "déléguée" à ce nabot de Joseph Goebbels (qui ne s'est pas privé de la tromper effrontément), tout en continuant d'entretenir une relation de confident avec Magda. Que penser aussi de sa relation avec Eva Braun, soigneusement dissimulée au peuple allemand et épousée au dernier moment ? Une jeune fille un peu écervelée, une midinette, de 23 ans sa cadette (étrangement, le même écart d'âge qu'entre le père d'Hitler, Aloïs, et sa dernière épouse, Klara) . Et enfin et surtout de sa relation avec sa nièce Geli Raubal qui s'est suicidée en 1931, alors qu'elle n'avait que 23 ans, dans son appartement de Munich ? C'est un mystère macabre qui ne sera maintenant jamais élucidé (avait-il une relation incestueuse avec elle ?) mais qui n'a curieusement pas freiné l'accession de Hitler au pouvoir suprême. On sait simplement que Hitler cherchait à exercer une véritable "emprise" (comme on dit aujourd'hui) sur elle.
Quant à Poutine, il faut bien reconnaître qu'on ne connaît aujourd'hui quasiment rien de sa relation avec les femmes. Rien que des rumeurs ou des ragots tant les choses sont bétonnées. On sait seulement qu'il a le culte de la virilité et qu'il est plutôt séduit par les femmes répondant aux critères russes de la féminité (pimpantes et apprêtées). Une ancienne épouse qui était hôtesse de l'air (une profession très prestigieuse à l'époque) et, aujourd'hui, une maîtresse ancienne gymnaste: Alina Kabaeva. Et enfin deux filles d'une trentaine d'années (dont l'une vit dans cet Occident qu'il déclare détester) qui seraient de brillantes universitaires.

On dit aujourd'hui de Nadia qu'elle était devenue maniaco-dépressive, souffrant de mille douleurs et migraines qu'elle calmait avec une dépendance aux somnifères et médicaments. Quoi qu'il en soit, elle s'est un jour suicidée, à l'âge de 31 ans, avec un petit révolver que venait de lui offrir son beau-frère. C'était tellement inattendu que tout son entourage en a été pétrifié. Pour Staline, ce fut même un drame épouvantable, il en a affiché une douleur et une culpabilité immenses. On dit même que cela a définitivement bouleversé sa personnalité et que c'est, à partir de là qu'il est devenu un dictateur sanguinaire.
Pour se consoler, Staline s'est ensuite rapproché de sa belle-famille Allilouïeva et, en particulier de Zhenia (la soeur de Nadia qui lui ressemblait beaucoup) avec la quelle il entamera une liaison. Ca marchera un certain temps jusqu'en 1938 où Staline fera assassiner tout le monde, toute sa belle-famille, par ses sbires. Edifiant, n'est-ce pas ?
Je terminerai en mentionnant quelques attitudes et comportements de nos trois grands "massacreurs":
- tous trois sont de grands hypocondriaques. Alors que ça ne les perturbe pas de commander l'exécution de milliers de personnes, ils se montrent extrêmement préoccupés de leur petite personne. Constamment suivis par un médecin plus ou moins charlatan (pour Hitler et Staline) et usant et abusant de médicaments et drogues divers et variés. Quant à Poutine, on sait qu'il est terrorisé par le Covid et on a tous en mémoire la table démesurée à l'extrémité de la quelle il a reçu Macron l'an dernier.
- Hitler et Poutine font même des efforts pour demeurer en bonne santé. On sait qu'Hitler est devenu végétarien (mais s'empiffrait de pâtisseries, ce qui était sans doute plus nocif que la viande) et ne fumait ni ne buvait. Poutine, pareillement, ne fume ni ne boit (ce qui est vraiment très rare pour un Russe) et se vante, comme tous les dirigeants du Kremlin depuis Khrouchtchev, de pratiquer la natation 1 heure par jour. Quant à Staline, il n'avait aucune hygiène de vie: grand fumeur et grand buveur, il avait l'habitude de défier ses compagnons de tablée (dont la présence était obligatoire) à de grandes soûleries: la terreur par la surenchère alcoolique.
- Hitler adorait les chiens, spécialement les bergers allemands; au point qu'il leur consacrait une bonne partie de son temps libre et qu'il s'est suicidé avec sa femme et son chien (cette bizarrerie n'a pas été commentée par ses biographes).
- Enfin tous les trois ont des horaires bizarres. Ils prennent plaisir à épuiser leurs collaborateurs en leur imposant des "nocturnes interminables". Jamais couchés avant 3 heures du matin au plus tôt et, souvent même, 4 heures, 5 heures. Mais ils se permettent en revanche, quant à eux, de se lever à 11 heures, midi (quand les autres doivent bien sûr être disponibles dès le petit matin). Ces horaires, ça m'amuse presque parce que je me dis que, pour ce qui me concerne, je suis tout le contraire d'une "dictateur": je me lève à l'heure où ils se couchent. Un compagnon comme ça n'aurait guère le temps de m'embêter.
Voilà les grandes lignes de ce que j'ai pu retenir de l'éducation de nos "trois monstres". Ca ne nous avance pas beaucoup, allez-vous me dire, il n'en ressort aucune clé de compréhension. Rien qui puisse satisfaire un psychiatre, psychanalyste, en effet. Des millions de gens de par le monde ont eu une enfance malheureuse mais ne sont pas devenus, pour autant, des dictateurs.
J'avancerai quand même une explication. On a affaire à trois "monstres froids". Ils furent, certes, tous les trois traumatisés, dans leur enfance, par la violence, l'insécurité, la méfiance mais le dogmatisme politique leur a ensuite fourni un cadre d'action, une vision prométhéenne de la vie. Mais ils sont surtout des personnages attardés sur le plan émotionnel, incapables de compassion et de sentiments vrais; mais aussi d'une irascibilité effroyable, rythmée par des explosions de colère qui sont une manière de dénier la réalité.
Refuser le réel, s'en protéger, c'est peut-être l'explication. Il m'apparaît ainsi significatif que tous les trois se gardent bien d'aller sur le terrain et s'attachent à vivre, en permanence, dans un véritable "bunker". Rappelons le : Hitler n'a jamais visité un camp de concentration; Staline n'est jamais allé dans les campagnes ukrainiennes à l'époque de la Grande Famine; quant à Poutine, on peut être sûrs qu'il ne se rendra jamais près du front, en Ukraine, pour y contempler le fruit de ses exploits militaires.
Images d'Otto DIX (1891-1969), Felix NUSSBAUM (1904-1944 à Auschwitz), Boris GRIGORIEV (1886-1939), Alfred KIRCHNER
Un record absolu de longueur pour ce post. C'est évidemment idiot et je doute que certains parviennent à me lire. Mais tant pis, c'est probablement mon côté Europe Centrale qui ressort ici. On demeure, là-bas, obsédés par la guerre. Ca fait certes complétement ringard en France. Mais moi, ça me passionne parce que la guerre, la dictature, ça nous apprend une foule de choses sur la psychologie humaine. Et un pays comme la France est-il vraiment immunisé contre ça ? Pas sûr, tellement la montée des haines y est grande aujourd'hui.
Pour ces portraits de nos 3 monstres, je n'invente évidemment rien et il ne s'agit pas de mes élucubrations mais d'analyses recueillies au cours de mes nombreuses lectures. Il y a en effet une littérature surabondante sur nos trois dictateurs. Je recommande à cet égard :
- concernant Staline, le livre de Simon Sebag MONTEFIORE ("Staline, la cour du tsar rouge") m'a beaucoup intéressée. Il vient d'être réédité en poche. Il y a aussi Robert SERVICE mais je n'ai pas encore lu.
- concernant Hitler, j'ai deux références: Peter LONGERICH ("Hitler") et surtout Volker ULLRICH ("Adolf Hitler"). J'ai bien aimé également le petit livre récent de Claude Quétel: "Hitler, vérités et légendes" qui démonte bien toutes les âneries psychologisantes qui ont pu être développées sur le personnage. Il y a enfin le livre très novateur de Johann Chapoutot, consacré au management selon le nazisme: "Libres d'obéir"
- sur Poutine, il n'y a pas grand chose de fiable et exhaustif aujourd'hui. Les deux derniers bouquins de Sergueï JIRNOV ("L'éclaireur" et "L'engrenage") donnent néanmoins une bonne idée de ce qu'était la formation KGB.



















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