
Ca commence à faire une éternité, presque 20 ans, que je me manifeste sur ce blog.
C'est peut-être un peu ridicule parce que presque plus personne ne s'intéresse au genre et que mon public français semble s'amenuiser. Je n'ai plus guère de messages et échanges épistolaires.
A l'heure de Facebook, d'Instagram et de Tik Tok, le blog, c'est complétement ringard. On privilégie désormais l'exhibition narcissique de son bonheur à grands coups de photos smartphone. Et on se repaît de la jalousie que l'on va inévitablement susciter chez les autres.
C'est une manière de se soumettre à l'injonction générale de transparence qui nous est faite. Même si on sait bien que notre bonheur factice est en peau de lapin. Ca cache d'autant plus une angoisse profonde que c'est ripoliné, éclatant, en sucre.
La transparence, je n'y crois de toute manière absolument pas. On ne cesse de se dissimuler et de mentir.
Et moi-même, par tempérament, je suis une personne très construite et plutôt insaisissable. Pas drôle, dans son propre monde, c'est généralement la première impression que je donne.
Et c'est sans doute largement vrai, bien sûr. D'ailleurs, parmi les rares mails que je reçois, un certain nombre sont violemment insultants. J'exaspère probablement.
Disons que je n'aime pas me confier, que je préfère me cacher, avoir un double jeu.
Et c'est peut-être pour ça que j'aime bien le blog. On y parle de soi bien sûr mais toujours par le biais de l'écriture. Et l'écriture, ça n'a rien à voir avec la fausse évidence de l'image. C'est fait de tours er contours qui ne touchent jamais leur but, leur centre. On se perd soi-même et on perd les autres sur ces chemins qui ne mènent nulle part. C'est le grand vertige généralisé.
"Qui ne sait celer, ne sait aimer", c'est un peu ma devise. Disons simplement que je suis une grande amoureuse. Mais à ma manière évidemment. En jouant de la réserve, de la distance et de la confrontation, voire du conflit.
Et je terminerai avec une dernière considération sur mon blog. Sa relative désaffection dans les pays francophones contraste avec sa progression à l'international. Quand je consulte ses statistiques de fréquentation, j'en suis à 1 000 par jour ou 30 000 par mois. C'est énorme comparativement à mes débuts.
Je ne sais pas ce que ça signifie et quelle est la part des grands systèmes informatiques là-dedans. Mais j'observe que ça concerne beaucoup l'Amérique latine (Brésil, Argentine, Colombie) et le Moyen-Orient (Turquie, Pakistan, Arabie Saoudite).
Je pense qu'on s'intéresse plus à mes images qu'à mes textes. Mais ça me fait vraiment plaisir d'imaginer que des Saoudiennes ou des Pakistanaises consultent, peut-être, régulièrement Carmilla le Golem.
Images de Willy Herzig, le Magazine des années 20, entre le kitsch et la subversion, "La vie Parisienne", Josef Fenneker, La dernière image, c'est peut-être un peu moi-même.
Je recommande:
- Sylvain Prudhomme : "De l'autre côté du lac". Un roman mystérieux comme je les aime évoquant les abords d'un lac de haute montagne et une jeune femme photographe.
Je précise enfin que je suis actuellement en déplacement et manque donc de disponibilité mentale. Pas de post, donc, la semaine prochaine.







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4 commentaires:
Presque 20 ans que vous alimentez ce blog ? Vous avez commencé très jeune alors.
Intéressant billet qui ne déroge pas aux autres.
Bon voyage, Carmilla ! Avant qu'il ne soit plus possible de voyager....
Je vous embrasse chaleureusement.
Julie
Merci Julie,
En effet, très jeune...
Mais quand il m'arrive (rarement) de relire mes premiers textes, je suis moi-même irritée tant je trouve que ce sont des propos de gamine.
On est souvent arrogant quand on est jeune. On change heureusement et j'espère en mieux.
Quant aux voyages, je ne m'inquiète pas trop. Je pense quand même qu'on en aura toujours la possibilité.
Baisers chaleureux à vous aussi.
Carmilla
Bonjour Carmilla.
Je suis moi aussi surprise d'apprendre que vous nous enchantez depuis presque 20 ans !
Pour ma part, je vous lis depuis une bonne dizaine d'années, mais le temps passe si vite...
Sachez que je n'imagine même pas ouvrir mon ordi ou mon téléphone un dimanche matin sans aller, en premier, sur votre page.
Je lis tout, je regarde les images, souvent toujours très belles, surtout vos photographies personnelles.
Et même si je ne suis pas toujours d'accord avec vous, je me sens tout de même très proche de votre façon de voir les choses.
Merci encore chère Carmilla, au plaisir de vous retrouver bientôt, et très bon voyage !
Ariane.
Merci Ariane,
C'est néanmoins ce qu'indique l'historique de mon blog. J'ai commencé à poster fin décembre 2007, soit bientôt 19 ans.
Je ne sais pas moi-même comment j'ai réussi à persévérer si longtemps quasiment sans interruption. Sans doute parce que j'ai la plume relativement facile. Et puis je me répète quand même un peu, avec des décalages, toutefois, j'espère.
Quant à enchanter, c'est un compliment qui me gène un peu.
J'essaie surtout d'exprimer un avis différent. Et je conçois parfaitement qu'on ne soit pas d'accord et que je sois franchement irritante.
Et puis, je ne sais même pas si je suis toujours d'accord avec moi-même.
J'essaierai enfin de ramener quelques photos de mon déplacement. Mais c'est toujours très difficile.
Bien à vous,
Carmilla
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