samedi 24 janvier 2026

"Cet obscur objet du Désir"









"Cet obscur objet du Désir", c'est le titre d'un célèbre film de Luis Bunuel. L'homme à la recherche de son Désir, ça résume bien, en effet, l'errance de la vie humaine, ses cahots et ses ratés.

 Pourquoi suis-je si instable dans mes passions, mes amours ? Passée une rapide exaltation, la déception vient très vite et je ne vois que les petitesses et mesquineries de l'autre. Ca ne colle jamais et il n'y a qu'en amitié que je suis, au contraire, fidèle. Ce sont même alors les différences et les défauts de l'ami(e) qui m'attirent.

"T'es pas moche, t'es pas bête, alors qu'est-ce que tu attends ?". Ce que j'attends ?  Rien justement, c'est-à-dire qu'on n'ait pas d'exigence vis-à-vis de moi, qu'on me laisse errer, divaguer, à ma convenance. Je ne veux pas qu'on me dresse. Mes manies, mes tocades, et Dieu sait si elles sont nombreuses, je ne suis pas prête à les abandonner.

Et d'ailleurs, je ne sais pas moi-même ce que je veux. Comme l'exprime bien Bunuel, on vit tous dans une espèce d'obscurité, de brouillard permanent. On n'arrive pas à se reconnaître soi-même.

Et il y a d'ailleurs tous ces accidents de la vie qui nous font comprendre qu'on n'est jamais là où on croyait être. Tout ce qu'on fait est accompagné de doubles non formulés. Dostoïevsky a bien exprimé ça: on croit être un honnête homme sachant ce qu'il veut mais, en même temps, on rêve d'être une crapule.

Au total, on est une énigme pour les autres mais aussi pour soi-même.

On est faillibles, il y a souvent en nous une force impérieuse, une impulsion, qui nous pousse à la faute, au basculement. Je suis ainsi capable d'étranges et subites tocades.

Mais tout n'est pas non plus hasard et chaos dans notre vie. Il y a quand même une logique, une rationalité de notre existence. Elle se manifeste dans ce quelque chose qui se répète dans notre conduite, qui insiste, qui ne nous laisse jamais en paix.

Ca vaut pour moi bien sûr mais aussi pour nous tous. C'est comme un toc-toc inattendu sur une porte mais qui revient régulièrement. On ne sait pas ce que c'est ni qui c'est mais ça vient nous obséder. En psychanalyse, on appelle ça "l'objet petit a", soit ce que l'on n'arrive pas à formuler dans le langage mais qui vient régulièrement nous tarabuster et nous foudroyer.


 Pour en donner un exemple, on peut se référer, à nouveau, à Dostoïevsky. A un tout petit texte, celui des "Nuits blanches" de Saint-Pétersbourg. Alors qu'il erre dans la ville, tout à coup le héros perçoit, dans la foule et au-dessus d'un pont, un "charmant chapeau à fleurs jaunes". Et ce chapeau, cet objet presque insignifiant, c'est celui de Nastienka, une jeune fille qu'il suppose brune. Et il suffit, brutalement, à enclencher l'amour fou du narrateur.

C'est beau, c'est merveilleux bien sûr, cet éclair qui déchire, tout à coup, l'obscurité. Malheureusement, ça n'est jamais aussi simple parce que, dans l'amour, il y a toujours quelque chose qui, ensuite, ne colle pas. Les attentes des deux partenaires ne coïncident jamais.

Comme l'explique Jacques Lacan, celui qui aime (homme ou femme) a toujours quelque chose qui lui manque mais il ne sait pas ce que c'est. Et celui qui est aimé n'est pas plus avancé: il possède quelque chose qui fait son attrait mais il ne sait pas non plus en quoi ça consiste. Ce quelque chose, c'est, en fait, le fameux objet du désir, indicible et soigneusement dissimulé.

Finalement, même dans un amour réciproque, la dissymétrie est double. L'un ne sait rien de l'autre et inversement. L'amour est toujours boiteux et un homme et une femme ne font jamais Un.

On n'est jamais aimé pour soi-même. C'est la leçon qu'il faut en tirer. Mais finalement, c'est heureux parce que c'est ça qui nous permet de carburer au rêve, au fantasme, à la littérature, à la musique, au cinéma, à l'Art en général.

Images notamment de Franciszek Starowieyski, Balthus, Salvador Dali, Jean Delville, René Magritte, Ilya Glazounov, Alexandre Petrossian, Francisco de Goya.

 Je recommande:

- Feodor Dostoïevski; "Les nuits blanches". C'est un tout petit bouquin des débuts (1848) de la carrière littéraire de Dostoïevski. Mais il traduit parfaitement l'éclosion du rêve amoureux, ses illusions et ses fantasmes. On vient d'éditer, en poche, la meilleure traduction, celle d'André Markowicz.

- Mikhaïl Boulgakov reprend, de manière étonnante, dans "Le maître et Marguerite", cet épisode du petit chapeau jaune. Il faut savoir que le jaune est une couleur maléfique en Russie.

Ce thème de la rencontre coup de foudre a ensuite irrigué la littérature du 20ème siècle. On le retrouve, bien sûr, dans "Le grand Meaulnes" et dans "Nadja".


15 commentaires:

Julie a dit…

Conférence pour confidence c'est moi que j'aime à travers vous... Dit si justement la chanson :)
Bonjour, Carmilla
Intéressante réflexion. Je me demande souvent comment naît l'amour chez les non-voyants...
Une amie (médecin), très belle, me disais tomber amoureuse de l'effet qu'elle produisait sur l'autre. Il m'est difficile d'être plus claire.
Quand à vous, ne changez rien :)
Salutations amicales,
Julie

Richard a dit…

Bonjour Carmilla

À ce chapitre j’accorde plus d’importance à l’amitié qu’à l’amour.

Je me suis toujours demandé si nos attentes étaient trop grandes par rapport à l’amour ? Est-ce que les humains sont trop exigent envers le désir amoureux ?

L’amitié offre plus d’espace à nos véritables natures, plus de respect, plus d’intensité sur le temps long. Ce qui ne chasse nullement la liberté.

En amitié tu n’as pas besoin de séduire. L’amitié vient tout naturellement, ce qui est tout à fait naturel, inutile de contrôler une amitié, de la manipuler, de la forcer, pour l’entraîner dans le mensonge.

En amour, c’est le royaume de la manipulation, de la recherche de la domination, de peur de perdre le peu d’érotisme qui reste lorsqu’il en reste. Je dirais même que c’est un poison. Pourquoi et comment sommes-nous arrivés à cet état de situation dévalorisante et macabre ?

C’est un sujet qu’aborde dans leur ouvrage, Christopher Ryan et Calida Jetha, où le titre s’impose : Au commencement était le sexe. Avons-nous en quelque sorte artificialisé l’amour et le sexe pour le rendre plus obscure ?

En toute amitié Carmilla

Richard St-Laurent



Richard a dit…

Ça y est, par ce matin obscure, -30 degrés !

Même le vent ne souffle plus.

Glace intérieure dans les fenêtres.

Nous attendons une bordée de neige pour la nuit prochaine.

Vraiment l’hiver n’est pas comme l’amour.

L’hiver ne ment jamais !

Salutations distinguées Carmilla

Richard St-Laurent

Julie a dit…

Oups, confidence pour confidence...

Carmilla Le Golem a dit…

Merci Julie,

C'est, en effet, un peu soi-même que l'on aime à travers l'autre.

Du moins, on essaie de retrouver, revivifier, les impressions, émotions, qui ont jalonné notre vie. Tous ces contacts complexes, avec nos parents et notre entourage, qui ont construit notre identité. C'est un peu de soi-même (ses plaisirs et ses angoisses) qu'on cherche à retrouver en l'autre. Mais évidemment, quelquefois, on se trompe complétement.

Et c'est vrai qu'il y a, surtout chez les femmes, une passion et un plaisir de la séduction. Ne pas séduire, c'est un malheur.

Mais c'est aussi un piège dangereux, parce que le risque, c'est de se retrouver prisonnière de l'image que l'on a cherché à donner. Il faut savoir jouer mais pas trop, de manière trop évidente.

Quant à moi, j'aimerais parfois changer, bien sûr. Comme tout le monde, je pense. Mais je crois aussi qu'on n'y arrive jamais complétement.

Bien à vous,

Carmilla

Carmilla Le Golem a dit…

Merci Richard,

On évoque bien sûr en Europe la terrible vague de froid qui, partie des USA, est en train de remonter sur l'Est du Canada. Des records risquent d'être battus. Mais j'imagine que vous êtes plus ou moins préparés.

Curieusement, en Europe Centrale, l'hiver se montre également très rigoureux. A Kyïv, il fait ainsi froid comme autrefois: - 15°, - 20°. Et Poutine se fait donc un plaisir de détruire les installations de chauffage, ce qui ne suscite aucune indignation.

Quant à l'amitié, c'est, en effet, bien différent de l'amour. La séduction n'y est pas en jeu.

Ce qui explique qu'on peut être très différents, ne pas avoir les mêmes goûts et opinions, et cependant être amis. L'amitié est surtout cérébrale plus qu'émotive.

Mais l'amour apporte aussi cette dose de mystère et d'énigme dont on a tous besoin. Un monde entièrement rationnel est transparent serait parfaitement ennuyeux. Il nous faut aussi de l'imprévu, de l'inattendu, quelque chose qui nous décentre, nous fasse sortir de nos cadres, de nos gonds.

Bien à vous,

Carmilla

Richard a dit…

Mardi, 27 janvier 2026.

Journal, fragment

Je me suis campé tard hier après-midi dans : BITCH par Lucy Cooke. Au fil des pages, cette lecture devient de plus en plus intéressante, voire passionnante, parce que l’auteur décrit les processus chez divers animaux, la part d’action des femelles, surtout dans le choix du partenaire, qui ne se réduit pas seulement à la séduction, mais aux choix du sperme de l’élu, qui n’en sait rien. Ces femelles qui passaient pour passives, deviennent soudain des dominatrices souvent silencieuses. Elles peuvent mêmes rejeter le sperme, avorter à volonté, ou abandonner leur bébé. Bien avant les faiseuses d’anges, les femmes pouvaient refuser un bébé, mais cela ne signifiait pas qu’elles ne seraient pas une mère aimante à la prochaine naissance. Et tout cela, n’aurais rien à voir avec la volonté, et tout à voir avec la biologie, et surtout la physiologie. Autrement dit, on ne naît pas mère, la maternité n’est ni un devoir, ni une vocation, ça demeure une question d’hormone, surtout de l’ocytocine, un bon taux d’ocytocine provoque des naissances rapides, le plaisir de donner la tétée à son jeune poupon, comme Lucy Cooke l’écrit dans son livre :

« Le délicieux cocktail d’opiacés naturels qui en résulte garantit que la nouvelle maman soit conditionnée pour s’attacher à son nouveau-né sitôt qu’il vient au monde. L’acte même de la tétée inondera son cerveau d’un flot nouveau d’ocytocine, si bien qu’elle deviendra accro au fait de prendre soin de son nourrisson. »
Lucy Cooke
Bitch, page : -244-

Richard a dit…

Je ne me suis jamais intéressé aux drogues, aux hormones, et autres substances qui influencent nos comportements et nos prises de décisions, de mêmes que notre refus d’agir, de s’impliquer, et sans doute que j’étais trop cérébral, trop volontaire, pour m’intéresser à ce genre de connaissance.
Je reconnais aujourd’hui, que je me suis donné beaucoup de misère, parce que je n’arrivais pas à comprendre, ce qui pouvait influencer une vache à refuser son veau après la naissance. Je surveillais mes vêlages, mais surtout, l’absorbation du colostrum après la naissance, afin de stimuler le veau. Et, ça fonctionnait !
Mais si la vache refusait son veau, si je ne m’occupais pas du veau, il était condamné, alors je me trouvais une autre vache, qui pouvait accueillir n’importe quel veau dans l’étable.
Donc, la vache qui refusait son veau, était en déficit de l’hormone, d’ocytocine, ce qui n’est pas écrit dans son front. Aujourd’hui avec la lecture de ce livre de Cooke, je comprends un peu mieux.
Et, s’il en est ainsi pour les vaches, il en est aussi ainsi pour les autres animaux femelles, y compris les femmes.
Il se produit, que des femmes se désintéressent complètement de leur bébé qu’elles viennent de mettre au monde, et ce n’est pas parce qu’elles sont paresseuses, mais c’est parce qu’il y a un manque d’hormone. On ne renonce pas au travail sans plaisir. L’humain est ainsi fait, dépendant de sa physiologie, de ses hormones du plaisir. Ici, nous sommes loin du conditionnement de la volonté. Vous pouvez faire un travail qui ne vous intéresse pas, qui ne vous procure aucun plaisir, aucune satisfaction, ce qui n’empêche pas de réussir dans votre domaine, d’être un bon travailleur insatisfait. Il en va de même avec les autres domaines de la vie comme par exemple, la reconnaissance, l’amour, le plaisir sexuel. Le meilleur exemple, dont j’ai été témoin, c’est la dépression postpartum, de ces femmes qui refusaient ou se désintéressaient de leur bébé, au point de penser au suicide, et des fois d’accomplir l’acte. Malgré tous les soins, toutes les attentions bienveillantes, toute l’aide que vous pouviez apporter à cette personne ; il n’y avait rien à faire ; vous étiez complètement impuissant. Et, cette impuissance découlait de facteurs, qui non seulement dépassaient notre savoir, mais gâchaient littéralement notre existence. Ce qui se terminait souvent par la prise des antidépresseurs, ce qui n’était pas toujours la bonne solution.

Richard a dit…

Je puis comprendre, que les femmes en générale consomment plus d’antidépresseurs que les hommes ; ce qui ne signifie nullement que les hommes peuvent être eux aussi déprimés. D’après les statistiques, se serait la réalité. J’ai une méfiance coriace envers ces statistiques, que 50% des femmes, après l’accouchement, souffraient de dépression postpartum(?).
Biologie pour biologie, je comprends mieux pourquoi certaines vaches refusaient leur veau. Nous ne contrôlons pas la physionomie des hormones, qui peuvent être affectées par une nourriture déficiente, des maladies, des épreuves blessantes, des traumatismes incontrôlables, car il en faut si peu pour troubler un humain. J’ai été bien servi dans ma vie pour être le témoin de situations vraiment déplorables. Et dans ce domaine, les humains sont sans pitié, ils ne reculent devant rien pour imposer les points de vue, ou bien, des idées dévastatrices, ce dont se nourrissait le paternalisme, et que les religions ont amplifié, le tout, souvent, par ignorance. Maintenant, je comprends un peu mieux mes révoltes. La vie est vraiment impitoyable, ce qui exige de la comprendre et de l’enseigner, et le mâle et la femelle, seront moins en concurrences. Ce qui nous éviterait des souffrances inutiles. Ce qui au niveau de l’évolution fut un long parcours, qui est loin d’être complété, parce qu’il reste tellement encore à connaître, si nous pouvons dépasser nos conflits de toutes sortes, en espérant être pérenne pour la suite du monde. La souffrance n’est pas une obligation, c’est toujours un avertissement. Alors, pourquoi s’engluer dans la souffrance ? Ce qui m’étonne c’est lorsque la souffrance s’installe en demeure dans notre être, nous avons la fâcheuse manière de prendre des raccourcis, de nous précipiter sur des drogues ou des médicaments pour calmer sa souffrance, ce qui masque le problème pendant une certaine période, mais nous empêche d’aller plus loin, de creuser, pour comprendre. Je salue une femme comme Lucy Cooke qui est une spécialiste de l’étude du comportement animal. Elle donne de nombreux exemples dans son ouvrage, des comportements, des singes, mais aussi d’insectes, de poissons, de nombreux mammifères, après de nombreuses observations partout dans le monde. Elle décrit l’existence de chimpanzés, de bonobos, en décrivant leurs relations sociales. Elle a rencontré de nombreux scientifiques, chercheuses et chercheurs. C’est décidément une femme de terrain, et elle n’a pas froid aux yeux. Il y a dans son livre un large extrait sur les mœurs du phoques gris. Elle a surveillé les mises-bas, l’acceptation ou le refus du petit, et pour les survivants accompagnés leurs évolutions sur différents terrains qui sont loin d’être sécuritaires selon nos sociétés aseptisées.

Ce qui fait partie de: Cet obscur objet du désir!
Bonne fin de journée Carmilla
Richard St-Laurent




Carmilla Le Golem a dit…

Merci Richard,

Je ne connais pas cette Lucy Cooke.

Mais cette analyse "biologisant" la sexualité et l'apparentant finalement à celle des animaux, est franchement archaïque.

Comme si l'homme était mu simplement par des "instincts" induisant des comportements stéréotypés et gouvernant les rapports du mâle avec la femelle.

Il y a longtemps qu'il a été démontré que l'homme n'avait pas d'instincts mais des désirs qui constituent l'armature de sa sexualité. Et ces désirs, ils sont initialement absolument polymorphes dans l'enfance (on est d'abord des petits pervers). Ce n'est que progressivement qu'ils s'assemblent et se constituent en une totalité plus ou moins cohérente, celle de notre identité sexuelle. Mais en matière de sexualité, on est finalement tous différents, les fantasmes de l'un ne se superposent jamais à ceux de l'autre.

Je trouve complétement régressives ces analyses qui voudraient faire de l'homme un animal comme les autres. J'aime bien les animaux mais, pour moi, il y a bien une coupure radicale entre l'homme et l'animal (ça se concrétise notamment dans le langage, la sexualité, la conscience de la mort et du temps).

La "Nature", l'Homme s'en est affranchi dès sa naissance. C'est ce que nous a enseigné la Philosophie des Lumières et ça me semble dangereux et inquiétant de revenir sur ce point de vue. La biologie qui commande les comportements et le monde, ça évoque de fâcheux souvenirs.

Bien à vous,

Carmilla

Richard a dit…

Bonjour Carmilla
La nature nous parle continuellement, ce n’est ni moral, ni philosophique, et nous ne pouvons pas nous affranchir de notre propre nature. Il n’y a rien d’archaïque dans cette situation, l’humain est classé comme un mammifère. Nous partageons avec les chimpanzés et les bonobos 99% de notre ADN, ce qui fait qu’un cœur de bonobos pompe le sang comme le cœur d’un humain, il voit comme un humain, il se déplace, se nourrit, et défèque. Il éprouve de la peur lorsqu’un prédateur se déplace dans son environnement. Le mâle féconde la femelle, comme l’homme féconde la femme. 1% de plus, et cela aurait pu être un humain, et même peut-être une autre sorte d’humanoïde ? Nous ne pouvons pas opérer une ségrégation au niveau biologique entre nous les humains et le reste du vivant. Sans doute la preuve la plus convaincante, se sont tous ces médicaments qui ont été testés chez les animaux avant d’être prescrit pour des humains. Que ça nous plaise ou non, l’homme est un animal. Je vais même vous surprendre, une vache a le même cycle que la femme, elle porte son veau pendant neuf mois avant de donner naissance. Qui plus est nous avons les mêmes problèmes d’obstétriques, virement de matrice, bébé mal placé, venu par le siège, etc. N’oublions pas les maladies, qui origines des animaux avant de passer à l’humain. Exemple la Covid-19- ! Il en fut ainsi pour la peste de 1348 en Europe transportée par des rats. Allons maintenant dans le domaine politique : Comment expliquons-nous l’apparition du patriarcat ? Où la femme est devenue la possession de l’homme comme un animal. Ce qu’on retrouve comme comparaison, entre le Chimpanzé dominateur et violent comparé aux bonobos paisibles où se sont les femelles qui dominent. Comment expliquer tout cela ? Peut-être qu’un peu d’humilité serait de mise lorsqu’on glorifie notre intelligence, face à nos problèmes internationaux que nous n’arrivons pas à régler. Oui, la question se pose : Sommes-nous aussi intelligents que nous l’imaginons ? Surtout lorsqu’on s’imagine que quelques neurones de plus ou de moins peuvent faire toute la différence. S’affranchir de la nature c’est du suicide. C’est peut-être ce que sommes en train de faire présentement. Et, nous ne serions pas les seuls dans ce domaine ; bien des animaux, ont aussi disparu avant nous, et nous sommes peut-être les prochains sur la liste. Peut-être que nous devrions soigner notre complexe de supériorité ? Reste que la question est rudement bien posée : Cet obscur objet du désir ? Je vois un singe qui est en train de manger une banane, et son voisin qui désire cette banane ? Et, pourquoi pas désirer la femme du voisin ?
Bonne fin de journée Carmilla
Richard St-Laurent

Carmilla Le Golem a dit…

Merci Richard,

La pensée, le langage, le désir sous ses multiples formes, la conscience de la Mort et du temps, ça creuse tout de même, me semble-t-il, un gouffre infranchissable entre l'homme et l'animal.

Je ne reconsidérerai ma position que lorsqu'un chimpanzé sera capable d'écrire des poèmes ou lorsqu'un chat admettra le Droit à la vie des souris.

Le monde actuel repose, c'est vrai, sur un anthropocentrisme. Ce n'est évidemment pas parfait mais cette tentation actuelle du retour à la Nature m'apparaît fumeuse et inquiétante. Devenir une bête, c'est absolument sinistre.

Bien à vous,

Carmilla

Richard a dit…

Bonjour Carmilla
Il appert que le sous-titre du livre Lucy Cooke se lit comme suit : « Le pouvoir des femelles dans le monde animal ». » Et, comme vous faites partie de ce monde animal comme nous tous d’ailleurs, et comme vous vous qualifiez de dominatrice, j’ai imaginé que cet ouvrage pourrait vous intéresser. C’est en plein dans vos cordes, ces épreuves de prise de pouvoir sont vraiment impressionnantes. En ce qui concerne le chimpanzé poète, nous pourrions renverser les rôles. Je pourrais vous larguer dans la réserve du Sérengéti en Afrique, entre les lions et les serpents afin de pouvoir constater comment vous vous en sortez. Ou bien, vous déposer dans la toundra à la limite des arbres, pays des ours blanc, avec qui il vous faudra négocier ; attention un ours blanc ce n'est pas un délégué syndical, et encore moins un politicien d’extrême droite. Les animaux aussi ont leur pouvoir, surtout ceux qui vivent en groupe et qui sont dirigés par des femelles. Ces luttes pour ce fameux pouvoir sont aussi sophistiquées que dans notre monde politique, et ces femelles dans leur environnement, n’ont rien à faire du siècle des Lumières. Qui sait, ceux qui survivront après un hiver nucléaire, et nous en serions surpris, du restant des survivants, et il y a des fortes chances que ne soit pas les humains. Reste que tout cela est peut-être hypothétique, mais qui sait avec cette bande de malades qui nous gouvernent ? Et puis, croyez-moi, une femme peut être plus cruel qu’un homme. Vous en savez quelque chose, vous qui exercez un certain pouvoir.
Je m’en voudrais de passer sous silence cette citation :
« Que veut une femme ? Sigmund Freud, qui semble parfois avoir des réponses à toutes les questions s’est bien gardé de répondre à celle-ci. (Malgré mes trente années de recherche sur l’âme féminine, écrit-il. Je n’ai pas encore pu répondre à cette grande question qui n’a jamais été résolue). »
Tiré de : Au commencement était le sexe
Aux origines préhistoriques de la sexualité humaine
Par Christopher Ryan et Calida Jetha
Page : -321-
Lorsque j’ai lu ce paragraphe, j’ai pensé immédiatement à vous Carmilla la spécialiste de Freud, et surtout à vos mystérieux désirs.
Même Freud s’est cassé les dents là-dessus !
Bonne fin de journée
Richard St-Laurent

Richard a dit…

Naissance du patriarcat
« Dans le mode de vie des chasseurs-cueilleurs, il est beaucoup plus difficile pour les hommes de limiter les mouvements des femmes et de leur accès aux ressources, étant donné qu’elles ont la capacité de s’en procurer par elles-mêmes. Avec la restriction de leurs activités, tandis que les hommes prenaient le contrôle des denrées alimentaires de grande quantité, comme la viande, les femmes ont perdu en autonomie et sont devenus des biens sexuels. La propriété étant héréditaire, la paternité est devenue un enjeu, et le patriarcat s’est implanté dans la société. L’évolution de l’aptitude au langage permis aux hommes de consolider et d’accroître leur autorité sur les femmes en rendant possible la création et la propagation d’idéologies légitimant la dominance masculine/ subordination féminine et la suprématie masculine/ infériorité féminine. »
Lucy Cooke
Bitch : page : -341-
Voilà comment cela s’est joué. Les sociétés ou groupes de chasseurs-cueilleurs étaient beaucoup plus libres que les agriculteurs. Les hommes ont établi leur contrôle envers les femmes, parce qu’on était entré dans une nouvelle ère avec la possession de terres, dont le contrôle sur la nourriture ce qui a solidifié ces sociétés, qui plus est, ces nouvelles possessions étaient transmises de père en fils. Ce sont les hommes qui héritaient, pas les femmes, qui étaient réduites aux tâches domestiques et surtout aux soins des enfants. L’agriculture a favorisé la sédentarisation en supprimant la liberté des femmes. Le débat fait rage entre les archéologues, les sociologues et les historiens, à savoir : est-ce qu’on était plus heureux comme chasseurs-cueilleurs, ou bien comme agriculteurs ? Cette question du bonheur prime sur tout le reste. Ici, j’en réfère à Peter Frankopen qui le souligne dans son livre, Les Métamorphoses de la terre. Avec les moyens modernes dont nous disposons aujourd’hui, nous pouvons non seulement dater des ossements, mais savoir les causes du décès des dépouilles qu’on a trouvé, on peut même découvrir que certains cadavres, à partir des débuts de l’agriculture, que ces personnes étaient décédées de morts violentes. D’une certaine manière on venait d’inventer la guerre avec l’agriculture, ainsi que les famines, les mauvaises alimentations, et sont apparues, à cause de l’entassement des populations, les épidémies. Le régime alimentaire des chasseurs-cueilleurs était nettement plus diversifié, que celui des agriculteurs. Nous pouvons nous interroger en nous demandant, si l’agriculture à cette époque était vraiment un progrès ? Ce débat est loin d’être terminé.

Richard St-Laurent










Carmilla Le Golem a dit…

Merci Richard,

Disons que je crois en la dialectique du maitre et de l'esclave, du dominant et du dominé. C'est sans doute regrettable mais on n'a pas d'autre choix que d'essayer de composer avec.

Mais cela ne relève aucunement de la Nature humaine. Je ne crois pas en la biologie. Tout est symbolique et culturel en l'homme.

D'ailleurs l'homme accuse un infériorité naturelle par rapport à l'animal. Il est physiquement plus faible mais c'est lui qui a vaincu l'animal. Si j'étais confrontée à des animaux sauvages, j'utiliserais donc, évidemment, les armes à ma disposition.

Certes, l'Histoire nous enseigne une domination presque continuelle de l'homme sur la femme. Mais depuis plusieurs décennies, un renversement s'opère. Jusqu'où cela ira-t-il ? On ne sait pas encore mais le mouvement me semble irréversible.

Bien à vous,

Carmilla