samedi 18 novembre 2017

L'argent propre, l'argent sale.


On adore, tous, les scandales financiers !


Cahuzac et Fillon, ça nous a passionnés....


Et puis, les Panama Papers et aujourd'hui tous ces dossiers d'optimisation fiscale, on juge ça vraiment honteux !  C'est la finance folle, cynique, qui spolie les honnêtes travailleurs: tous ces milliards qui pourraient être employés à des projets étatiques forcément plus nobles!

Il faudrait condamner très lourdement les fraudeurs, les fiche en prison pendant au moins 25 ans. C'est vraiment l'horreur capitaliste !


Quant aux salaires des stars et des sportifs, c'est immoral et disproportionné !


Nous, évidemment, on est irréprochables. On ne mentionne même pas qu'il nous arrive, à nous aussi, de frauder un petit peu le fisc, de solliciter des faveurs et avantages (un appartement, une allocation, une bourse), de faire jouer le copinage, le piston, de chercher toutes les bonnes occasions de faire une bonne affaire, de truander un peu par ci par là.. Rien ne nous réjouit finalement plus que de payer moins cher que le voisin !

Nous aussi, on est mesquins et âpres au gain ! Voler l'Etat, ça ne nous pose pas tellement de problèmes moraux. En fait, si on ne fraude pas davantage, c'est moins parce qu'on est honnête que parce qu'on manque d'opportunités et surtout qu'on est peureux, qu'on a la trouille de se faire pincer !


Les scandales financiers, ça nous excite, donc, beaucoup ! Ça nous donne bonne conscience: on est tellement différents de ces salopards ! 

Mais ça me semble un leurre énorme et je ne crois vraiment pas qu'il suffirait d'éradiquer les scandales financiers pour rendre le monde plus riche et plus juste. La corruption, les détournements de fonds, l'évasion fiscale, les gratifications exorbitantes, ça n'est jamais qu'une circulation d'argent qui échappe au contrôle de l'Etat. Mais il n'est pas sûr que ce dernier en ferait meilleur usage. Ce que LVMH n'a pas payé en impôts à l'Etat français, il l'a peut-être employé à d'autres activités, d'autres investissements, plus pertinents que ceux de l'Etat.


Sommes-nous, d'ailleurs, fondés à moraliser, à dénoncer l'argent sale ? Comme il est commode et réconfortant d'avoir quelques affreux sous la main (des financiers, des politiques, des stars) sur lesquels on peut déverser toute notre bile ! Les pourris, ils nous distraient mais surtout ils nous déculpabilisent et nous déchargent de notre responsabilité. L'horreur du monde, ça n'est pas de notre faute !


Pourtant, il y a des réalités brutes et se focaliser sur l'argent sale, c'est, en fait, presque obscène. L'argent sale, c'est anecdotique ! Ça permet de détourner l'attention, de refuser la réalité économique impitoyable: celle, tout simplement, des inégalités de niveaux de vie, des pays riches et des pays pauvres et ça, ça n'est généré, pour l'essentiel, que par l'argent propre.

L'angoisse écologique actuelle permet de comprendre ça. Parce que, bien sûr, nos smartphones, notre sécurité sociale, nos voitures (même électriques), notre alimentation bio, nos voyages aux Seychelles, il n'est pas concevable que les autres y accèdent ! Que la Chine ou l'Afrique accèdent à notre niveau de vie, c'est tout simplement impossible, la planète exploserait !


Il y a un grand silence sur la vérité du monde que "les affaires" nous permettent d'oublier.


La vérité, c'est l'inégalité de richesse des nations. La vérité, c'est d'un côté les pays où on survit à peine, où on est contraints de se prostituer ou de donner son sang pour manger et de l'autre les pays du Club Méd, du Beaujolais et des autoroutes. Ça se révèle, aujourd'hui, dans le problème des migrants !


Le problème, c'est que, même si on est pétris de valeurs humanistes et démocrates, on aimerait rester bien au chaud et qu'on voudrait continuer à avoir le beurre et l'argent du beurre. "On ne peut pas accueillir toute la misère du monde" dit-on !


C'est vrai ! Mais c'est aussi le projet qu'avait Hitler. Il y avait les peuples qui devaient disparaître et ceux qui étaient appelés à subsister et se développer. Je ne dis pas qu'on en est là mais j'ai noté qu'avec la pression écologique, on parle, maintenant, de plus en plus de Malthus dans les médias. L'holocauste et pourquoi il peut se répéter ( notamment sous l'effet de la contrainte écologique), écrivait notamment le grand historien américain, Timothy Snyder.


Photos de Carmilla Le Golem dans les 1er, 2ème et 3 ème arrondissements de Paris. C'est fait avec un seul petit appareil, un peu bizarre, compliqué d'utilisation, le Sigma DP2 Merrill (il n'est plus en vente mais on trouve son équivalent avec le Sigma DP2 Quattro) qui sort des images proches d'un moyen-format. Avec de la patience (c'est l'anti-smartphone), on arrive à tirer des choses qui, me semble-t-il, sortent du commun. A titre anecdotique, c'est aussi l'appareil photo de Michel Houellebecq.

J'ai décidé de poster davantage de mes photos. Ça peut paraître prétentieux parce que je ne suis pas photographe et que mes images sont, forcément, très imparfaites, voire inintéressantes. Mais j'ai le sentiment qu'avec des photos, même moyennes ou médiocres, on exprime beaucoup de soi. Enfin, je vais, prochainement, changer de boulot et je suis appelée à pas mal voyager. Il faut donc que je m'entraîne d'abord sur Paris.


samedi 11 novembre 2017

"Charlie", c'est nul !


Cette semaine, tous les médias viennent de nous appeler à nous rebeller, insurger, parce qu'il y aurait eu des menaces de mort contre "Charlie". Sus aux pourfendeurs de nos libertés !

Diable! Où est-ce que je dois aller manifester ?

Il y a maintenant un grand tabou dans la société française: "Charlie Hebdo". Défense absolue de critiquer !
La République française y a trouvé son étendard, son martyr!


Charlie, ce serait l'esprit français: la liberté d'expression, d'impertinence !

Ou là, là ! Je veux bien mais moi, j'ai toujours été rétive à soutenir inconditionnellement qui que ce soit !


Et puis surtout, je me suis, toujours, sentie incapable de lire régulièrement "Charlie". Ça fait rigoler une fois, après c'est gênant! C'est vrai que je ne suis pas vraiment Française mais je ne peux pas me reconnaître là-dedans ! "Charlie" pour moi, c'est ringard, c'est les mentalités des années 60-70 !

"Charlie", j'ai toujours trouvé ça sinistre et arrogant. ! Ça ruisselle de "beaufitude"!


L'esprit Charlie Hebdo, leur humour, il me débecte. Trois articles de Charlie et je suis déprimée ! Je n'ai jamais eu d'amant lisant, chaque semaine, "Charlie Hebdo"mais si, ça avait été le cas, je me serais posée des questions !

C'est bizarre ! On vit, vraiment, dans un drôle de monde! On hurle, en ce moment, contre de supposés violeurs mais personne n'osera jamais dire que "Charlie" est, peut-être, un peu puant ! Charlie, ça plaît aussi bien à Le Pen qu'à Mélenchon !


Charlie:  j'ai toujours eu l'impression de lire la prose d'adolescents boutonneux et ricaneurs qui se sentaient frustrés avec les femmes (tant pis si je passe maintenant pour une connasse féministe)..

"Charlie", ça n'est vraiment pas l'esprit de finesse. Ils font bien partie de ces "gros lourds" dont on parle tant aujourd'hui.



Je sais qu'en écrivant ça, je m'attaque à un monument national et que je risque sans doute de me faire assassiner.

Alors, comme je suis lâche, je vais moi-même m'adosser à un monument intellectuel: Nancy Huston, en l'occurrence, la grande écrivain franco-canadienne, dont je partage complètement les idées. Elle a ainsi écrit au lendemain des attentats de Charlie Hebdo":

 "J'ai toujours détesté l'image des femmes et des homosexuels qui transparaissaient dans les dessins de Charlie Hebdo, comme j'ai détesté le fait qu'il publie les caricatures islamiques. Sans du tout les renvoyer dos à dos avec les terroristes, les dessinateurs de Charlie Hebdo avaient aussi un problème avec leur virilité"


"C'est un humour qui trivialise, agresse, banalise, blesse et je n'ai sincèrement jamais vu l'utilité d'être bête et méchant. Je ne peux pas dire que ce sont mes valeurs, puisque mes valeurs sont exactement le contraire de ça".

Je l'avoue donc: je ne connais pas du tout Tariq Ramadan, je n'ai aucune idée de ses pensées, de ses écrits ! Je trouve néanmoins effrayante la couverture que lui a consacré "Charlie". Est-ce que ce n'est pas humiliant, arrogant ?



Tant pis si vous détestez mon post ! La bien-pensance, ça n'est pas mon truc !

Quoi qu'il en soit, j'aime beaucoup CABU !

Enfin, j'avais abandonné la chronique cinéma, mais je me permets de recommander aujourd'hui:

- "The square" de Ruben Ostlund
- "D'après une histoire vraie" de Roman Polanski
- "Happy end" de Michael Haneke
- "Braguino" de Clément Cogitore
- "Au revoir là-haut" d'Albert Dupontel
- "Jalouse" de David et Stéphane Foenkinos
- "A beautiful day" de Lynne Ramsay
- "Le sens de la fête" d'Eric Tloledano et Olivier Nakache
- "Corps et âmes" de'Ildiko Enyedi
- "Jeune femme" de Léonor Serraille

Tout ça, c'est très bon, tragique, comique, populaire...de toute manière émouvant !

samedi 4 novembre 2017

Le Havre


J'étais au Havre pendant le week-end prolongé de la Toussaint.

Le Havre... ?  Mais t'es tapée qu'on m'a dit ! Y'a pas plus moche !


Peut-être que j'ai répondu ! 

Mais c'est que je suis amoureuse d'Edouard Philippe et c'est sûr que s'il me fichait la main sur les genoux ou sur les fesses, voire dans ma culotte, je n'irais pas hurler, porter plainte, dénoncer, comme c'est aujourd'hui à la mode ! En plus, Edouard Philippe, il est plus grand que moi, même quand j'ai des talons hauts !


Enfin ! Y'a pas qu'Edouard Philippe ! D'ailleurs, j'ai parcouru, à toute vitesse, son dernier bouquin ("Des hommes qui lisent") mais j'ai été déçue: il ne connaît que la littérature française classique ! C'est honorable mais qu'est-ce qu'on pourrait se dire ? La littérature française classique, je ne connais pas trop, je ne m'attache qu'à l'actualité littéraire !

J'suis quand même allée au Havre pour des raisons plus sérieuses !


Le Havre, c'est évidemment la Révolution architecturale avec Auguste Perret !


Perret, il est bien moins connu que Le Corbusier mais il ne lui est pas inférieur.


Je ne vais pas bavasser sur Perret. Son architecture, c'est affreux, déprimant et sublime à la fois !


Mais aujourd'hui, une magnifique mélancolie s'en dégage !


En me baladant dans Le Havre, j'ai cru me retrouver à Varsovie, son quartier central, dit moderne.

C'était considéré abominable, il y a encore quelques années ! Aujourd'hui, les regards changent !


Mais je suis aussi allée au Havre pour bien manger et là, je n'ai pas été déçue !


Des brasseries, des huîtres, des poissons extraordinaires! Rien que pour ça, ça vaut le déplacement !



Quelques-unes de mes petites photos !

samedi 28 octobre 2017

Des affinités électives !


On me demande sans cesse, on me harcèle même : "Pourquoi t'es pas mariée ?"

Y'a sûrement un problème !


T'es pas lesbienne au moins ?

Je pense pas vraiment, je réponds !

Etre bisexuel(le), je n'y crois pas, on est l'un ou l'autre mais, sûrement, pas les deux ! Mais c'est vrai que j'aime bien, parfois, les filles belles et intelligentes et je préfère coucher avec elles plutôt qu'avec un poivrot abruti. Et d'ailleurs, entre filles, souvent, on ne fait, la plupart du temps, pas grand chose: on se contente de s'embrasser, se caresser, dormir dans le même lit. Avec ma copine Daria, on ne fait que ça et ça nous suffit et c'est merveilleux !


Une fille distinguée, un soir, ça ne me pose, donc, pas de problèmes (je m'appelle, quand même, Carmilla) mais ça n'est pas, non plus, mon centre d'intérêt exclusif et, surtout, ça ne peut pas durer!

Il y a un amour féminin dont on ne parle jamais mais qui est pourtant très fréquent, presque universel:  un amour entre filles, sûrement incompréhensible mais qui dépasse toutes les orientations sexuelles ! C'est très peu physique, très peu intrusif !

Coucher avec une fille, de temps en temps, c'est, donc pour moi, très doux, très agréable, mais, en fait, je préfère, quand même, un mec qui me pistonne !


Finalement, quand on me demande pourquoi je ne suis pas mariée, je réponds, toujours (comme je ne veux vexer personne), par une pirouette: je dois être bête et moche!

D'ailleurs, je suis Ukrainienne et c'est un handicap majeur, une image désastreuse en France: c'est les FEMENs ou la Porte de Clignancourt !


Mais en fait, ça me fait bien rigoler et je m'en fiche complètement! Je n'ai pas l'esprit victimaire et je sais bien que ce ne sont pas les mecs qui ne veulent pas de moi mais c'est moi qui ne veux pas d'eux !


Pour moi, il y a, en fait, deux gros problèmes:


- La langue, les langues, la culture d'abord! Vivre avec un Français de France, je perçois ça rapidement comme un appauvrissement: la cuisine, la belle-famille, les résidences secondaires... Ça me fait peur! Je suis complètement out!

 Je ne me sens pas complètement Française, je n'ai, pas tout à fait, le même imaginaire: je rêve de Varsovie à Vladivostok! La Baule, le Pot-au-feu, ça ne me dit rien du tout!

En plus, ça m'énerve vite qu'un type ne parle ni le russe, ni le polonais. On ne peut pas, complètement, se comprendre, ni être en phase. En fait, je suis une indécrottable Slave!  On va me dire que je pourrais aussi m'apparier avec un Russe ou un Ukrainien ou un Polonais, mais ce serait un même appauvrissement, dans un autre sens. Et puis, les hommes russes ou ukrainiens... ouh! la, la ! Quant aux Polonais, ils sont plus civilisés mais ils détestent les Russes et inversement.


- L'argent. J'ai un peu honte d'aborder cela mais il faut bien le dire: je suis, généralement, beaucoup plus friquée que mes amants et ça, c'est, très vite, destructeur! 

Tout de suite, je suis confrontée à la rancœur, la jalousie, la perfidie: d'où tu tires ton fric? Ça vient sûrement de sombres trafics et c'est, évidemment, immérité. Je personnifie l'horreur capitaliste ! Surtout que je suis d'origine ukrainienne et, évidemment, supposée prête à tout !

Mais moi, je n'ai pas, non plus, envie de m'adapter au niveau de vie de mon amant: de bouffer dans des restaurants sympas, à trois balles, ou de prendre des vols low-cost !

Qu'une fille soit à l'aise financièrement, c'est inadmissible en France! Si elle l'est, c'est  un coup de chance ou, alors, elle est une pute. Il est, implicitement, admis qu'une nana est, forcément, dépendante économiquement, qu'elle gagne, naturellement, deux fois moins que son mec et qu'elle a du mal, évidemment, à joindre les deux bouts! Son excuse, c'est qu'elle est artiste, intellectuelle !

C'est un schéma qui plaît à tout le monde: une fille riche, c'est un scandale !

Un bouleversement des mentalités est, là-dessus, indispensable: affirmer le droit pour une femme d'avoir un peu d'argent !

Le droit, pour une femme, à un peu de fric, à être, éventuellement, bien plus riche que son amant, ça me semble aussi important que les éructations actuelles concernant les tentatives de pelotage, harcèlement, que, je l'avoue, je ne comprends pas du tout.


Dessins (à l'exception des 2ème, 3 ème et quatrième images) du sculpteur Auguste RODIN (1840-1917). En fait, je ne raffole pas de Rodin et de ses sculptures (c'est trop viril (homosexuel) pour moi), mais ses dessins sont, curieusement, complètement différents.

dimanche 22 octobre 2017

Mes petits livres


Avant la proclamation des prix littéraires, je me dépêche de recenser ce que j'ai aimé ces dernières semaines:



Julien BLANC-GRAS: "Dans le désert". Du Qatar à Oman en passant par Dubaï et le Bahrein. Des pays dont on parle beaucoup mais dont on sait très peu. C'est un bouquin drôle et féroce.


Arthur DREYFUS: "Je ne sais rien de la Corée". Je connais un peu la Corée mais j'aurais aimé avoir pu lire ce bouquin avant mes voyages. La Corée, c'est, effectivement, un pays totalement ambivalent, à la fois terrifiant et fascinant.


Andrzej STASIUK: "L'Est". Par le célèbre écrivain polonais, un récit et une interrogation sur tous ces pays de l'Est de l'Europe qui intriguent et fascinent. C'est remarquablement écrit et totalement inhabituel.


Lorenza FOSCHINI: "La Princesse de Bakounine". Un livre merveilleux d'une journaliste italienne. La liaison, en Italie, de l'anarchiste russe, Bakounine, et de la richissime princesse Obolenskaïa qui l'a largement financé. Cette princesse a inspiré à Tolstoï Anna Karénine.



Monica SABOLO: "Summer". Splendide et troublant ! Si vous aimez Sofia Coppola, achetez tout de suite ce bouquin.


Eric VUILLARD: "L'ordre du jour". Une nouvelle manière de raconter l'histoire (la montée du Nazisme) en faisant participer le lecteur. Très fort et passionnant.


Robert GERWARTH: "Les vaincus". On se rend rarement compte à quel point les visions de l'Histoire diffèrent selon les pays. On croit ainsi en France qu'au lendemain du 11 novembre 1918, la guerre était terminée. Il y a eu en fait, pendant près de 5 années, une profonde instabilité et un déchaînement de violence sur une grande partie de l'Europe. Ça a été, en particulier, la fin des Empires et l'éclosion des nationalismes. On continue d'en payer le prix aujourd'hui.


Images de Martin JARRIE, peintre et illustrateur français.