samedi 3 janvier 2026

Mon Bilan 2025

 
Une année assez moche vient de s'écouler. J'en conserve certains souvenirs cuisants, presque désespérants, mais rien ne dit que les choses vont s'améliorer en 2026.

C'est d'abord la catastrophe Trump. Il est encore pire qu'avant. Il est ridicule et odieux, bête et méchant. Mais ça marche auprès de beaucoup de gens et ça marche justement parce qu'il est affreux, incontrôlé et incontrôlable.


Il faisait encore preuve d'une certaine civilité au cours de son premier mandat, il ne voulait pas passer pour un beauf ou un butor. Mais, depuis, il a compris que c'était justement cela que voulaient ses électeurs. Alors, il lâche complétement les vannes et fait pleuvoir insultes, quolibets et vengeances personnelles.


Et il arrive à ses fins: redoutant ses colères et ses représailles, ses interlocuteurs, trop éduqués, trop policés, préfèrent se plier et se sentent contraints de l'encenser. Trump, c'est le triomphe de la force brute du Grand Mâle, du Chef de la Horde primitive, contre l'éducation et la démocratie.


Et le Trumpisme devient même une philosophie politique de portée expansive (la Force et le Bizness) et est en train de conquérir l'Europe.


Il y a eu pour moi deux dates noires en 2025: la réception de Zelensky à la Maison Blanche en février puis celle de Poutine, en août, à Anchorage, sous les applaudissements. Un contraste effroyable.


Ca m'a glacée, sidérée. J'ai trouvé profondément choquant que l'on reproche à Zelensky son ingratitude envers les USA alors que ce sont les USA eux-mêmes qui devraient remercier l'Ukraine de combattre pour la Liberté et la Démocratie.


Alfred Jarry avait prophétisé l'avènement du Père Ubu. Et Karl Marx avait écrit que "l'Histoire se répète toujours deux fois, la première comme une tragédie et l'autre comme une farce". Marx avait peut-être raison à cette réserve près qu'il a inversé l'ordre des événements.


Et pour couronner le Tout, il y a eu, début décembre, la publication du document de sécurité nationale des USA. Celui-ci montre clairement qu'ils ne sont plus les allés de l'Europe et que le multipartisme, c'est fini. Il faudrait même cultiver, au sein des pays européens, la résistance à la trajectoire actuelle, à savoir sa décadence morale facteur majeur de sa décadence économique.


Avec Trump, le découpage du monde devient  simple: il y a d'un côté les Forts (les USA, la Russie, la Chine) et de l'autre les faibles (la plupart des pays européens débauchés et submergés par le grand remplacement).


Mais il n'y a pas eu que Trump dans l'actualité, dans ce qui m'a marquée, a fait "évènement" pour moi.


Pour poursuivre dans le domaine des horreurs, j'ai ainsi suivi avec attention les procès des Docteurs Le Scouarnec et Péchier. Deux médecins effrayants, terrifiants et d'autant plus qu'ils étaient éduqués, policés et de bons professionnels. On les jugeait "dévoués à leurs malades. Le premier, un pédophile compulsif, le second un tueur de sang froid. Tous les deux, en fait, totalement indifférents à autrui.


Avec eux, est évidemment posée la question de cette force primitive du Mal, présente en chacun de nous. Mais je n'ai pas les réponses et je n'aurais certainement pas aimé être Jurée en Cour d'Assises. Comment juger ? 

Dans un registre plus gai, j'ai apprécié que l'on réhabilite, dans le prolongement de l'attribution du Nobel de l'économie à Philippe Aghion, la Théorie de la "Destruction Créatrice" de l'économiste américain, Joseph Schumpeter.


C'est évidemment une thèse dérangeante, voire inquiétante mais il me semble évident que les actuelles recompositions et les nouveaux rapports de force économiques en sont une pleine illustration. On ne peut plus se reposer sur ses acquis, sur son savoir-faire industriel ou technologique. Ils peuvent même être des handicaps car ils finissent inéluctablement à la casse malgré tous les efforts de soutien déployés.


C'est bien sûr déprimant mais certains analystes disent aussi qu'avec l'IA et autres technologies disruptives, on est à la veille d'une nouvelle grande prospérité économique. Peut-être mais ça s'effectuera sans doute aussi avec un grand reclassement général des puissances économiques. Quelle sera la place de l'Europe dans cette bataille féroce qui s'annonce ?


Sur un plan plus personnel enfin, j'ai beaucoup aimé, au cours de  mes différents voyages, l'Arménie et le Caucase. Et puis les villes de Worpswede et de Tangermünde en Allemagne. Et j'y ai aussi trouvé une nouvelle égérie: Uta de Naumburg.


Et j'ai enfin adoré en 2025:

- 2 films: "Sirat" par Oliver Laxe et "La condition" de Jérôme Bonnell.

- 2 écrivains: Emmanuel Carrère ("Kolkhoze") et Laszlo Krasznahorkai. C'est le récent Prix Nobel de littérature. Attention toutefois: il faut vraiment s'accrocher (les phrases de Proust sont brèves en comparaison) mais quand on arrive à rentrer dedans, c'est fascinant.

Bonne année à vous tous qui continuez, malgré tout, de me suivre.


Les photos sont de moi-même à l'occasion d'un bref séjour, à Noël, en Normandie. Leur intérêt est évidemment plus anecdotique et personnel qu'esthétique.

La 14ème photo est celle de la maison de Maurice Ravel, le célébrissime compositeur du Boléro, dans le village idyllique de Lyons-la-Forêt. Un autre village "normandissime" est celui de Beuvron-en-Auge.