samedi 14 septembre 2013

Sur les pas de Gogol


J'ai toujours été émerveillée par l'oeuvre de Nicolas Gogol. Surtout "Les âmes mortes" et "Les soirées du hameau".


Zolkiew

C'est la description de la campagne ukrainienne, primitive et magique.


Mais la campagne décrite par Gogol existe aujourd'hui encore.


Le château d'Olesko

Un vaste territoire encore à l'abri de la mondialisation.


Ca me passionne et mon grand plaisir, pendant mes vacances, c'est de prendre ma petite voiture et de sillonner inlassablement la campagne.


Le DNIESTR à Zaleszczyki. Un des lieux que j'aime le plus en Ukraine qui fut le théâtre d'événements dramatiques au début de la 2nde guerre mondiale.








ZALESZCZYKI


Brody



Tarnopol


Le château de Podhorce


Le château-forteresse de Khotyn construit par les Polonais pour se protéger des Turcs. Aujourd'hui, en face, c'est la Roumanie.


Kremenets et les ruines du chateau de la reine Bona Sforza qui, au 16 ème siècle, aurait égorgé plus de 300 vierges pour satisfaire son rêve de jeunesse éternelle.




Tarnopol

Kremenets


Kamenets Podolsky





Pochaiv



Kremenets


 Berezhany



Kamenets Podolski, le Carcassonne ukrainien mais je pense plutôt que c'est Carcassonne qui est le Kamenets français.






En exclusivité une photo de ma copine Daria, au centre, qui m'a accompagnée pendant plusieurs jours. Je suis très fière de cette photo dont elle et moi seules pouvons comprendre toute la signification.


Buczacz


Photographies de Carmilla Le Golem en Galicie

samedi 7 septembre 2013

Lvov, mon amour


Quand je dis, en France, que je viens de LVOV, c'est comme si je disais que je viens de Tombouctou. Et encore... parce que Tombouctou, ça apparaît aujourd'hui mieux connu.


Pourtant, c'est une ville qui a plus de 800 000 habitants, qui était l'une des plus brillantes de Pologne et d'Autriche-Hongrie.


On la surnomme encore en Allemagne, même si c'est exagéré,  la petite Prague de l'Est.


On peut du moins la comparer à Cracovie à la quelle elle est très liée.


Mon attelage de chevaux à Lvov


C'est du moins la ville qui a décidé de ma vocation vampirique.


Ce que j'aime d'abord dans cette ville, c'est qu'on y parle indifféremment trois langues : l'ukrainien, le polonais et le russe et qu'on y vit dans ces trois cultures..


En plus, on demeure influencés par l'Autriche avec une foultitude de cafés et un Opéra.


J'assumerai donc sans complexes ma fonction de propagandiste de l'Office du Tourisme Ukrainien : plutôt que de passer des vacances en France, qui est devenue un vaste Disneyland, venez chercher un peu de culture, d'aventure et de dépaysement en Ukraine et plus spécialement à Lvov.


Ce blog aura au moins eu une utilité s'il a pu vous convaincre d'aller là-bas. C'est plus dépaysant et moins banalisé/mondialisé que Prague.


C'est facile : vous vous vous envolez d'abord  pour Cracovie.


L'Opéra de Lvov copié sur le Palais Garnier de Paris


De Cracovie, vous prenez ensuite un joli train de nuit qui vous conduit enfin chez moi, à Lvov.


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Photos de Carmilla Le Golem sur Sigma DP Merrill


dimanche 1 septembre 2013

I'm back


Je viens tout juste de rentrer après avoir rechargé, à plein, mes batteries de vampire.


En revenant d’un voyage, je suis toujours un peu hébétée. Qu’est-ce que je peux dire ? Est-ce que ça a un sens, d’ailleurs, de parler de l’Ukraine, de la Pologne en France ? Ca n’évoque rien et ça n’intéresse pas. Surtout, il y a une grande part d’incommunicable. Quoi qu’on en dise, on ne surmonte jamais complètement les barrières linguistiques, culturelles.


Tant qu’on reste chez soi, on croit que sa culture, sa nationalité, ça n’est pas si important que ça. On peut s’en abstraire, s’en détacher.


Dès qu’on bouge un peu, on découvre tout à coup qu’on est irrémédiablement Français, Russe, Allemand…, pas seulement dans sa pensée mais aussi dans sa sensibilité. Ca engage jusqu’à nos désirs et notre relation aux autres.


Quand on débarque de Pologne et d’Ukraine, la France, ça apparaît bien prosaïque et confiné. Expliquer ça, ça serait trop long. Alors moi-même, je vais démarrer par du prosaïque, du concret de chez concret.

Voilà ainsi ce qui n’existe pas en France et que j’apprécie particulièrement dans des vacances en Ukraine. Ca vaut également, avec des nuances, pour la Pologne et la Russie.


 - Une femme peut se promener habillée comme elle veut, même dans des tenues provocantes et ultra-sexy. Il n’y aura ni sifflets, ni harcèlement.

- La petite délinquance est très faible. On peut encore oublier son appareil photo à la terrasse d’un café ou garer son vélo dans la rue sans antivol. Parallèlement, la mendicité est presque inexistante.

- Je peux me connecter presque partout à la Wi-Fi et Internet. C'est libre et gratuit.


- La climatisation est très répandue, dans les hôtels, les restaurants, les transports, les appartements.

- Je trouve tout de suite une dizaine de taxis ou de chauffeurs prêts à me conduire à l’autre bout du pays.

- D’une manière générale, il n’y a pas de problème concret (réparation, achat, déplacement) qui ne trouve une solution rapide.

- Je trouve immédiatement une chambre d’hôtel dans n’importe quel bled.


 - Je peux aller au restaurant à n’importe quelle heure de la journée et je peux me contenter d’un plat. On me sert du cuisiné maison et pas du surgelé réchauffé.

- Les commerces sont innombrables, ouverts tous les jours et souvent 24 h sur 24.

Tout ça, c’est évidemment très terre à terre ça mais ça fait partie de l’agrément du pays et ça ne sera rapporté par aucun journaliste. Ca peut aussi être un sujet de réflexion en France où on est tellement convaincus de l’extraordinaire qualité de vie du pays.


Photos de Carmilla le Golem à Lvov.

+ 1 photo de la grande photographe Sabine VILLIARD en illustration d’une nouvelle de Nabokov : « Natacha ». Je recommande particulièrement ce texte. En 30 pages, Nabokov dit des choses essentielles sur l’amour : le mensonge, la culpabilité, le meurtre.

vendredi 9 août 2013

Une vampire en Galicie


Je m’évade…durant trois semaines.

Je ne posterai pas pendant cette période parce que je change de langue, de culture, de peau et le français me devient incongru. Je bascule dans un autre monde, celui de ma face cachée.

Je vais principalement en Ukraine de l’Ouest et un peu en Pologne.


 Je vous confesse ma destination, à vous, mais j’avoue que je n’ose plus dire à des Français que je passe des vacances en Ukraine. On me considère alors avec une espèce de commisération. Même si on ne sait pas bien où c’est, on semble convaincus que n’y règnent que le malheur, la misère et le désespoir. Il y a longtemps que j’ai renoncé à les détromper : c’est autant d’ahuris que je ne rencontrerai pas durant mon voyage.



Donc, dimanche, je m’envole pour Varsovie. De là, je prends un tout petit avion qui va me conduire à Lvov (ou Lviv ou Lwow ou Lemberg suivant les langues). C’est le territoire de la mythique Galicie. La Galicie, je ne sais pas si on connaît mais c’était une province de l’ancienne Pologne puis de l'Autriche-Hongrie avec deux magnifiques capitales régionales : Cracovie et Lemberg (aujourd’hui Lviv). Il y régnait un multiculturalisme extraordinaire : on y parlait allemand, polonais, yiddish, ukrainien, russe, ruthène et on y relevait de cinq confessions (catholique, protestante. orthodoxe, uniate, juive, arménienne).


 C’était surtout un foyer culturel extraordinaire. La Galicie orientale, en particulier, c’était la région de Joseph Roth, Sacher Masoch, Martin Buber, Bruno Schulz, Ivan Franko, Aaron Appelfeld. C’est en Galicie également, à Grodek, que le grand poète Georg Trakl, le « Rimbaud autrichien », tourmenté et incestueux avec sa sœur, s’est donné la mort en 1914.

La Galicie, voilà un beau sujet de réflexion pour tous les imbéciles et populistes, de plus en plus nombreux, qui croient aux nations.


Tout ça, ça a, bien sûr, été largement balayé par l’histoire mais pas complètement. La période de glaciation soviétique a curieusement permis de conserver le centre historique des villes. Aujourd’hui, on redécouvre ainsi à Lviv l’atmosphère de l’ancienne Lemberg, presque celle qu’avaient connue Joseph Roth et Sacher Masoch.

Ce retour dans la vieille Europe, c’est ça qui me fascine. Pour mes vacances, je fais donc de Lviv mon quartier général. Je loge au « Grand Hotel » sur la « Svobody Prospekt » (l’avenue de la liberté). Je le fréquente depuis très longtemps, c’est l’un des plus beaux hôtels de l’Ouest de l’Ukraine. Je peux y rêvasser tranquillement dans ses salons et ses bars. On y sert aussi une cuisine ukrainienne extraordinaire. Il y a également un casino et un dancing.



Avec tout ça, cet hôtel, c’est évidemment un extraordinaire lieu de rencontres. Il y a plein d’hommes d’affaires, de truands, de filles, d’aventuriers, de touristes distingués. Tout le patchwork que j’aime. Le rêve pour une vampire assoiffée de conquêtes. Ma copine Daria va m’y rejoindre quelques jours. Elle a toujours eu la trouille de venir en Ukraine de l’Ouest parce qu’elle sait que les Russes y sont détestés. Mais là, elle va vite se désinhiber. On pourra y faire les folles et se défoncer.

Mais je prendrai aussi ma petite voiture et je me baladerai dans la campagne avoisinante. Voilà où j’envisage d’aller : Brody, Tarnopol, Czortkow, Kamieniec Podolski, Czernowitz, Drohobycz, Truskawiec, Ivano Frankivsk.

A bientôt…



Photographie de Carmilla Le Golem à Paris au cimetière de Passy sur Sigma DP3 Merrill

Tableaux de John Atkinson Grimshaw, John Williams Waterhouse, Homer Ransford Watson, John Williams Waterhouse