L'histoire enregistre souvent d'étranges bifurcations. Il y a un énorme paradoxe à voir s'afficher, aujourd'hui, en parangons de vertu, deux pays, à l'histoire sombre, la France et l'Allemagne, sur la question des réfugiés.
Hommage urbain à Roman Polanski
Les réfugiés, évidemment, ils nous confrontent à une espèce d'absolu moral: l'exigence chrétienne, exorbitante, d'aimer l'autre comme soi-même. C'est bien sûr impossible et on ne sait pas comment composer avec ça.
Que faire donc ? On est dans une situation surréaliste ! François Hollande et Angela Merkel, ils irritent tout le monde, en Europe, tant ils sont omniprésents et ridicules: suffisants et insuffisants. Leur arrogance est vraiment gênante. Au nom de qui et de quoi s'expriment-ils sur tout et sermonnent-ils tout le monde? Est-ce que c'est ça le fonctionnement démocratique de l'Europe ?
Merkel et Hollande incarnent parfaitement, comme l'a bien analysé le philosophe allemand Peter Sloterdijk, les héros du grand écrivain autrichien, Robert MUSIL: "l'homme et la femme sans qualités"; des gouvernants dont la sagesse principale est, même si leurs journées de travail sont longues, de ne rien faire. Sloterdijk les appelle des "léthargocrates". L'esprit bureaucratique absolu, ne rien changer, ne rien bouger, c'est d'ailleurs à ça qu'aspirerait le peuple !
De Merkel et Hollande, on pourrait donc ne rien attendre. Mais c'est justement parce qu'ils sont léthargiques qu'ils peuvent se révéler, aussi, totalement imprévisibles, capables de décisions soudaines, décisions qui les dépassent sans doute mais, éventuellement, pleines d'humanité.
Hommage urbain à Artur RUBINSTEIN
S'éprouver tout à coup vertueux, ça procure une étrange jouissance. Enfin ! on est réconciliés avec soi-même. Mais la satisfaction affichée n'évacue pas une trouble culpabilité.
J'approuverais entièrement les déclarations généreuses de Hollande et Merkel. Mais ce qui m'embête, c'est que ce ne soit pas si pur que ça en a l'air. Ça s'effectue en "stigmatisant" (comme on dit maintenant), des pas beaux, des vilains, en l'occurrence les pays d'Europe Centrale. Haro sur la Roumanie, la Hongrie, la Slovaquie, la Pologne, des pays sinistres qu'on a, d'ailleurs, toujours détestés ! On se prend d'amour pour les uns en chassant les autres: des égoïstes, des salopards, même pas reconnaissants de tout ce qu'on a fait pour eux (???) et à qui on ferait bien de sucrer toutes les subventions qu'on leur accorde si inconsidérément.
Quelle rigolade et quelle hypocrisie ! D'abord, l'Europe de l'Ouest n'a, à peu près, rien fait pour aider l'Europe Centrale. Là aussi, il y a 25 ans, on avait très peur d'un envahissement, d'un débordement, et on s'est empressés de verrouiller toutes les voies d'accès. On s'est, comme ça, barricadés et privés de la venue de scientifiques et universitaires de premier plan. Ensuite, on a simplement laissé fonctionner les mécanismes du marché. Et après, c'était "marche ou crève!".
Quant à la xénophobie de l'Europe Centrale, il faut simplement rappeler que la Pologne était, avant la seconde guerre mondiale, le pays le plus multiculturel d'Europe. Quant aux autres affreux (la Slovaquie, la Hongrie, la Roumanie), ils faisaient partie de l'Autriche-Hongrie, l'Etat le plus cosmopolite qui ait jamais existé. Aujourd'hui encore, contrairement à ce qu'on affirme, il y a un cosmopolitisme important en Europe Centrale avec un grand mélange de langues et de cultures.
D'expérience, je puis d'ailleurs vous assurer qu'on est infiniment mieux accueilli en Europe Centrale qu'en Allemagne ou en France. L'arrogance y est bien moindre et la socialité, convivialité, plus importantes.
Du reste, le problème des réfugiés se révèle moins un problème moral qu'économique. Les quotas ne peuvent servir à rien ! Ce sont, de toute manière, les réfugiés qui choisissent, in fine, leur pays d'accueil.
La réalité est, en fait, triste et cruelle: il m'apparaît, ainsi, vraiment humiliant et inquiétant pour la France, pays des Droits de l'Homme et des avantages sociaux (selon le FN), que les réfugiés n'aient, majoritairement, pas du tout envie de s'installer en France et risquent plutôt leur vie, à Calais, pour franchir, à tout prix, le tunnel de la Manche et rejoindre l'Angleterre ultra-libérale. De même, les réfugiés n'ont visiblement pas lu le dernier livre de Mélenchon décrivant l'enfer allemand. C'est à méditer... On sait bien que la santé économique de la France n'est pas très bonne mais peut-être que sa santé démocratique est également en cause.
Je n'avais, jusqu'alors, jamais mis les pieds dans cette ville mais j'ai été fascinée. C'était d'abord, au début du 20 ème siècle, sous la Russie tsariste, le Manchester de l'Europe Centrale: plus de 3 000 entreprises au total. Un film célèbre d'Andrzej Wajda, "La terre de la grande promesse", dépeint cette époque. Il y a encore, dans cette ville, une architecture industrielle incroyable.
Lodz, c'est aussi la ville où est né le grand pianiste Artur RUBINSTEIN (5 ème photo).
C'est également la ville de l'école du cinéma, connue dans le monde entier, qui a formé les grands noms du cinéma polonais: Polanski, Wajda, Zulawski, Kieslowski, Has, Zanussi, Skolimowski, Holland, Szumowska, Pawlikowski etc...
Il y a enfin, à Lodz, l'un des plus grands cimetières juifs d'Europe.
Mes 2 dernières photos sont enfin consacrées au musée, récemment ouvert, de la culture juive à Varsovie. On n'en a guère parlé en France mais j'ai trouvé ce musée extraordinaire: son esprit est tout à fait différent du musée Libeskind de Berlin: moins abstrait, moins conceptuel, davantage centré sur l'histoire réelle d'une culture.




























































