samedi 6 février 2010

Du désir au féminin


Les hommes désirent les femmes, ils en rêvent, veulent les conquérir. Cela est bien connu, cela a donné lieu à une production romanesque abondante de par le monde.

Mais la réciproque est loin d’être évidente. Les femmes ne s’intéressent aux hommes que secondairement. Les femmes ne désirent pas les hommes en tant que tels et surtout pas pour leurs qualités. Les femmes n’éprouvent de désir que pour les hommes qui vont causer leur perte. Elles n’éprouvent en fait de désir que pour l’abîme, la mort.




Mais d’abord, avant tout cela, les femmes vivent dans une tension perpétuelle de tout leur être. Elles sont continuellement aspirées par une image idéalisée d’elle-même, leur fantôme inaccessible. La femme parfaite, l’autre femme qu’elles ne sont pas, cette figure marmoréenne et impavide par rapport à laquelle elles sont en perpétuel décalage. On appelle cela le narcissisme. Pas de plus grande jouissance que de se sentir belle, pas de plus grande souffrance que d’être laide. La tyrannie de la beauté balaie tous les idéaux égalitaristes. Mais tout est fragile, réversible et il y a donc pour toutes une angoisse permanente, un sentiment d’incomplétude.



Alors on veut qu’éclate l’image idéale. Etre délivrée du modèle parfait. Descendre sur terre au prix parfois de l’avilissement, de l’humiliation. On connaît la force des fantasmes prostitutifs et on connaît aussi la fascination de beaucoup de femmes, souvent les plus distinguées, pour les brutes épaisses et les mauvais garçons, les êtres ignares et acculturés. C’est bien sûr Lady Chatterley. Mais contrairement à ce qu’on dit, ce n’est pas l’authenticité ou la virilité de ces hommes qui est recherchée. Il n’y a en eux aucune humanité supérieure. C’est l’attrait du mal, la souillure et la dégradation qui fascinent en eux. La transgression qui va briser la cage du narcissisme.





Alors oui, le désir féminin ouvre bien sur la mort.




Et voilà pourquoi, moi Carmilla la vampire, j’erre souvent le week-end, telle Caroline Ducey dans le film « Romance » de Catherine Breillat, dans les rues du Paris nocturne ; allant, au volant de ma BM, d’un bar ou d’une boîte à l’autre, impeccablement habillée, impeccablement belle…



Photos de Sophie PAWLAK qui a réinventé la photo floue et ouvert un nouveau regard sur le sexy féminin

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