samedi 18 février 2017

La vengeance en horreur


La vengeance, c'est l'un des thèmes privilégiés du cinéma. On peut, tout de suite, citer plein de films: "Django unchained", "La mariée était en noir", "Lady Vengance", "Old boy", "The revenant", "Furie", "Kill Bill" etc... Tous de grands succès d'audience. Un film sur la vengeance, ça marche à tous les coups.


C'est un peu pareil en littérature mais à un moindre degré et puis c'est un cran au-dessus : "Le comte de Monte-Cristo", "Les Hauts de Hurlevent", "Michael Kohlhas", "La cousine Bette", "Colomba", "Les liaisons dangereuses", "Moby Dick".


Ça montre bien que l'une des fonctions de l'Art, c'est d'explorer les soubassements réprimés de la civilisation.


La vengeance s'oppose, en effet, au Droit et à la Justice. Mais le Droit et la Justice, on déteste ça, on vit ça comme une castration, une frustration. Au fond de nous-même, on préfère faire justice soi-même. L'émotion et le Droit, c'est incompatible et presque tout le monde préfère l'émotion au Droit.


A titre personnel, la vengeance, ça m'effraie, c'est quelque chose que je refuse absolument. Même les copines qui m'ont piqué des mecs, je ne leur en veux pas et il ne me viendrait pas à l'idée de me venger. Et d'ailleurs, je fais la même chose: je suis attirée par les mecs de mes copines. Le désir mimétique, c'est assez vrai.


Et aussi, tous ceux qui m'ont humiliée, agressée, presque violée.

Ça m'arrive très souvent, chaque jour en fait. Chaque jour, on me siffle, on essaie de me peloter, on me fait des remarques plus ou moins subtiles.

Mais je ne les déteste pas, je n'ai pas envie de me venger d'eux !


Tout ça, c'est très peu de chose. Tout ce qui est personnel, je m'en fiche complètement. D'une manière générale, je suis indifférente, je me sens au-dessus ou plutôt à côté de ça. La haine, la concupiscence, qu'on peut me porter, ça ne m'atteint pas. L'humiliation, c'est la vie ! Et puis, si, a contrario, je fais rêver un peu, c'est merveilleux !

Mais éprouver, moi-même, de la haine, vouloir me venger, je m'en sens incapable.

Mais peut-être aussi que je suis une conne, une cruche !


C'est vrai que je n'ai encore jamais connu d'événement absolument dramatique dans ma vie et que mes propos peuvent donc apparaître ceux d'une affreuse pétasse. Que ferais-je si l'on avait assassiné l'un de mes proches ?


La réponse la plus extrême est celle du Christianisme: pardonner ! C'est vrai que c'est une position quasiment intenable.

Malgré tout, c'est celle dont j'essaie de faire un principe.


Tableaux de Karl HUBBUCH (1891-1979), allemand et influencé, bien sûr, par l'expressionnisme.

Ce n'est évidemment pas une peinture qui fait rêver; c'est sans doute révulsant ! C'est même déprimant mais ça exprime, aussi, ce dont j'ai horreur.

7 commentaires:

Raymond Laser a dit…

Il me semble que l'absence de volonté de vengeance, voir l'incapacité à y songer, est souvent l'apanage des êtres dont l'existence est davantage stimulée par l'imaginaire que par le concret -bien qu'une pensée soit parfaitement concrète et tangible (dans le sens ou elle peut nous toucher, physiquement), mais bon, blablabla, c'est encore autre chose...-.

C'est également un trait de la mélancolie.

Cela est souvent remplacé par un léger mépris passager, ou par l'oubli quasi complet de l'objet. C'est très intéressant comme émotion et/ou comme fonctionnement intellectuel.

Eprouvez-vous de la colère, ou cela vous est-il difficile?

R.L.

Carmilla Le Golem a dit…

Merci Raymond,

Votre analyse psychologique est peut-être juste.

Il est vrai que je suis généralement impassible et que je ne me mets jamais en colère ni dans ma vie professionnelle ni dans ma vie personnelle.

Je considère ça comme une force parce que si vous vous abandonnez à la passion, vous êtes fichu.

Mais je conçois aussi que mon attitude puisse apparaître déstabilisante.

Bien à vous

Carmilla

KOGAN a dit…

Le droit et la justice sont de véritables chapelles psychiatriques depuis des lustres et il n'y a toujours pas de pouvoir judiciaire constitutionnellement indépendant en place,la magistrature dans bien des cas, ne pouvant s'opposer à la puissance de l'exécutif tout puissant.

Les exemples pullulent dans le monde entier, surtout ceux concernant les purs et durs scandales financiers et leurs prophètes, mettant à plat des pans de l'économie et des entreprises(ex: AREVA LAUVERGEON ...la liste est longue) c'est plutôt de ce système-la que la majorité de nos concitoyens voudraint se venger, mais nous ne sommes pas dans le bon cercle, un monde s'achève, au prix d'un déshonneur collectif.

Alors le fait de se faire piquer son copain ou sa copine, c'est rageant certes,et assez loin derrière pour ma part, cela peut mettre en colère mais la méditation et l'indifférence sont préférables .

Bien à vous
Jeff

Carmilla Le Golem a dit…

Merci Jeff,

Vous ne semblez pas avoir en haute estime le système judiciaire.

En discuter nous conduirait trop loin.

Mais il m'apparaît important que l'on échappe à l'affect et à la Loi du talion. Le criminel a, aussi, le droit d'être entendu.

Bien à vous,

Carmilla

KOGAN a dit…

Vous devez avoir raison...cela irait trop loin, et je ne suis pas un spécialiste .

"En effet on peut lire que le crime est donc nécessaire : il est lié aux conditions fondamentales de toute vie sociale, mais, par cela même, il est utile ; car ces conditions dont il est solidaire sont elles-mêmes indispensables à l'évolution normale de la morale et du droit."
Émile Durkheim,“Le crime, phénomène normal” (1894)


J'attend avec impatience les criminels qui pourrons s'exprimer et bientôt passer dans les réality TV Shows ...nous y sommes presque.


Bien à vous
Jeff

Anonyme a dit…

"Vampire féminin"
"Immortelle"
"Et mon cul brille la nuit"

Carmilla Le Golem a dit…

Merci Anonyme,

Vous semblez être plein d'humour !

Bien à vous

Carmilla