samedi 11 février 2017

La vie contrainte


Ma vie courante, quotidienne, n'est pas toujours très drôle. En ce moment, j'ai même la tête sous l'eau: lever à 5 H 15 pour un retour, chez moi, à 20 H au mieux mais souvent bien plus tard.


Et puis, toute la journée harcelée par un tombereau de mails (50 à 100 tous les jours) et aussi par les commissaires aux comptes, les services de l'Etat, les syndicats...



Je dors mal, je suis fatiguée. Des loisirs, des vacances, c'est une utopie! Rien que le week-end pour me soûler et me défoncer !



On m'agresse, on m'engueule, on me fait la morale, on me réprimande: faut faire ci, faut faire ça ! Il faut dire que ma boîte enchaîne les mauvais résultats, on a vu trop grand, on croule sous l'endettement. Je dois être nulle, complètement incompétente. Et puis, je suis une conne, rien qu'à voir ma dégaine !


Alors les rumeurs les plus folles courent: on ne va plus pouvoir payer le personnel, on va faire des coupes sombres, licencier des centaines de personnes.


On me traîne dans la boue, il faudrait me virer tout de suite!


C'est le déferlement mais j'essaie, comme toujours, de demeurer impassible, stoïque Et je sais aussi qu'on ne veut rien comprendre à ce que je dis: tout est cloisonné, bétonné. Je suis, de toute manière, une ennemie. Heureusement, j'ai appris l'indifférence.

Comment survivre ? C'est la question que je me pose chaque jour ! Je m'arrache chaque matin.


Bizarre: on prête souvent aux dirigeants d'entreprises une vie agréable, de multiples loisirs et aventures amoureuses. Moi, ça n'est vraiment pas comme ça que je vois les choses, je n'ai tout simplement pas le temps et puis je suis, sans cesse, taraudée par l'angoisse ! Les amours, l'argent, je ne peux pas en profiter.

J'ai souvent envie de disparaître, de partir quelque part où personne ne pourra me retrouver: la Sibérie, le Kosovo, le Kirghizistan.


Mon expérience, c'est plutôt celle de la solitude, de l'incompréhension, de l'hostilité. Ça explique, en partie, mon blog.

















Tableaux de Kay SAGE (1898-1963) américaine, épouse d'Yves TANGUY. Leurs œuvres sont, évidemment, très proches.

7 commentaires:

KOGAN a dit…

Bonjour CARMILLA

Ne vous laissez pas abattre Carmilla, vous n'êtes pas du genre, je vous soutiens virtuellement , j'ai connu pareille situation comme salarié par deux fois dans mon existence avec des horaires "élastiques", à fournir en plus des justificatifs d'activité par écrits qui ne servaient à rien!!!, sauf à faire suer le bonhomme...quand le CA baisse faute de commandes.

Il faut toujours trouver un coupable, même si l'on est un bon sujet, et qui gagne bien en plus!!!.

Par la suite c'est comme gérant de société que j'ai dû affronter cette fois-ci l'administration et ses affres...mais cela m'a permis de me tanner le cuir comme jamais.

Finalement on n'est jamais mieux que de travailler seul...quitte à manger du sable un certain temps...mais il faut trouver l'idée ou changer de job...

Bon Courage à vous et Banzaï!!!

Bien sincèrement.
Jeff

Carmilla Le Golem a dit…

Merci Jeff,

Mais non! je ne me laisse pas abattre, chacun a ses hauts et ses bas, des envies soudaines de partir et tout abandonner.

Il y a beaucoup à dire sur la violence de la vie professionnelle.

C'est vrai que ça vous transforme, peut-être pas en bien toutefois: ça vous rend plus dur et, aussi, plus insensible.

Bien à vous

Carmilla

KOGAN a dit…

La violence professionnelle ça rend marteau effectivement, elle peut engendrer le licenciement, en vous trouvant plein de défauts malgré un travail exemplaire...

c'est au moment de la séparation, un peu comme dans un divorce, qu'on ne connaît la vraie nature de son épouse ou de son mari.

Mais quelques fois le mal se transforme en bien, il suffit de payer...et de prendre le large.

Bien à vous.
Jeff

Raymond Laser a dit…

Lacrimosa dies illa

J'aurais bien secrété un peu de liquide salé sur votre misère, hélas, j'ai les glandes aussi sèchent qu'une trique s'abattant sur les fesses de... Bah, trop de potentialité de culs divers aux sens variés, je ne parviens pas à choisir.

Ma vieille voisine du dessous, qui ramasse les légumes avariés en fin de marché, a eu les faveurs de mon compte hebdomadaire de gouttes.

qua resurget ex favilla

On peut gloser, il est toujours plus simple de jouer au phénix avec ses restes lorsque l'on a soi-même dressé son propre bûcher.

dona eis requiem! Amen.

Car je ne vous en veux point, ma fille.

R.L.

Carmilla Le Golem a dit…

Merci Raymond pour votre message comme toujours bien tourné,

Choisit-on, vraiment, son destin, son bûcher ?

On m'a aussi écrit que j'étais totalement paranoïaque, insultante ?

Ainsi, je devrais me sentir pleine de compassion pour votre voisine qui se nourrirait d'épluchures ?

Rien que ça ! Je suis peut-être parano mais est-ce que vous n'êtes pas démago ?

Et vous même, lorsque vous postulez pour un boulot, est-ce que vous ne déclarez pas que vous êtes passionné par l'évolution des marges brutes des sociétés du CAC 4O (dont vous n'avez, bien sûr, rien à fiche) alors que votre principal souci est de vous loger et de vous taper quelques bons restaurants ?

Sans rancune et bien à vous

Carmilla

Raymond Laser a dit…

Le destin est un concept qui m'est étranger si on le voit comme une projection, je ne comprends pas qu'on puisse le prendre comme autre chose qu'une pensée rétrospective. Donc non, on ne le choisit pas, son bûcher par contre, je crois que c'est possible. J'ai souvenance d'avoir déjà empilé un peu de bois sous mes pieds!

Vous faites ce que vous voulez de ma voisine, je ne vous livrais qu'un détail de palier, simple complément de mon objet; et n'attendais nulle compassion particulière de votre part, diable, heureusement.

Sur l'aspect de votre éventuelle parano et de votre caractère insultant, je n'ai rien à dire, si ce n'est que ça ne m'est pas apparu dans l'utilisation que vous faites ici de l'alphabet.

A demi par choix et moitié par chance, je n'ai jamais postulé pour un boulot, ça m'évite les déclarations de merde auxquelles je serais, comme beaucoup de monde, contraint.

R.L.



Carmilla Le Golem a dit…

Merci Raymond,

Nous sommes bien d'accord.

Mais reconnaissez que pour survivre, il faut mentir et se vendre et on n'a pas trop le choix.

Bien à vous

Carmilla